Comment procède-t-on ?
Une incision du périnée : La sage-femme ou le gynécologue obstétricien incise le périnée à l’aide de ciseaux chirurgicaux. En France, on pratique surtout l’épisiotomie médiolatérale : l’incision suit une diagonale de 3 à 6 centimètres partant à 45° du bord inférieur de la vulve.
Un geste assez indolore : Généralement, l’incision ne fait quasiment pas souffrir. D’abord parce que, sous péridurale, toutes les douleurs sont amoindries. De plus, parce que le praticien incise en principe pendant une contraction, qui capte toute votre attention. La suture est plus douloureuse. Mais elle fait généralement l’objet d’une anesthésie locale à la xylocaïne, ou locorégionale, réalisée en même temps que la péridurale. C’est durant les premiers jours, et parfois les premières semaines, que l’épisiotomie est la plus gênante.
Quand la pratique-t-on ?
Quand c’est vraiment nécessaire : l’équipe médicale ne la pratique que lorsqu’elle le juge vraiment nécessaire, car l’incision s’avère souvent plus grande qu’une déchirure naturelle, nécessite des fils de suture, entraîne des saignements plus importants et cicatrise moins vite.
Avant l’expulsion : l’épisiotomie est pratiquée juste avant l’expulsion lorsqu’il y a un risque de grave déchirure. Elle peut faciliter la pose de forceps et de ventouses, accélérer la naissance lorsque la péridurale empêche de pousser, que le bébé est prématuré ou que son rythme cardiaque ralentit.
La cicatrisation
Entre 5 et 10 jours pour les fils : Les premiers jours, la cicatrisation de l'épisiotomie est souvent douloureuse. Les fils « tirent » jusqu’à leur résorption (comptez 8 à 10 jours) ou jusqu’à leur retrait (5 à 7 jours après la naissance). L’un d’eux peut même céder, mais en général cela ne nuit pas à la cicatrisation. La sensibilité de la cicatrice s’estompe ensuite avec le temps : la gêne ou les douleurs disparaissent entre 1 et 4 mois après l’accouchement.
On peut être soulagée : il n’existe aucune mesure d’hygiène pour cicatriser plus vite, mais certaines précautions s’imposent. S’il est inutile de changer de savon, évitez les gants et serviettes éponges : ils regorgent de microbes et leurs bouclettes peuvent accrocher les fils de suture. Pour se sécher, mieux vaut utiliser au départ des compresses de gaze stérile. Faites également une croix sur le séchoir qui, contrairement à une idée reçue, n’a aucune vertu. L’air ambiant qu’il chauffe et projette sur la cicatrice augmente les risques d’infection.
Une réparation reste toujours possible : il arrive qu’une cicatrice suite à l'épisiotomie soit imparfaite et doive être « reprise». Bien sûr, le gynécologue obstétricien recoud les « désunions » quand les points de suture trop ou mal serrés cèdent pendant la première quinzaine. Mais une distension tardive se corrige également. On prescrit dans un premier temps des séances de rééducation musculaire avec un kinésithérapeute ou une sage-femme, puis on pratique, si besoin, une nouvelle suture. Enfin, une asymétrie disgracieuse, gênante ou douloureuse, due à une rétractation inégale des berges de la cicatrice, peut être rectifiée par une plastie périnéale et parfois vulvaire.
Que faire ? Deux conseils : des anti-inflammatoires pour atténuer la douleur, et l’utilisation d’une bouée ou une épaisse serviette de toilette roulée en forme fer à cheval pour ne pas comprimer sa cicatrice.
Vos questions
J’ai eu une épisiotomie pour mon premier accouchement, vais-je en subir une à coup sûr pour le second ?
Actuellement, plus de deux tiers des femmes subissent une épisiotomie lors de leur premier accouchement, mais ce chiffre tombe à 31% pour le second. Et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) estime que ce geste devrait concerner moins de 30 % des naissances par voie basse et atteindre, si possible, les 20 % maximum préconisés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’épisiotomie freine-t-elle la reprise des rapports sexuels ?
Un hématome ponctuel occasionné par l’épisiotomie peut retarder de quelques semaines la reprise des rapports. Le fait que la suture puisse avoir légèrement rétréci l’orifice vaginal, entraîne aussi parfois une sensation de distension qui s’estompe avec l’assouplissement progressif de la cicatrice. Certaines femmes ont également des contractions réflexes nécessitant des séances de kinésithérapie.
Peut-on refuser une épisiotomie ?
Vous pouvez demander à ne pas subir d’épisiotomie. Parlez-en lors des consultations prénatales et insistez pour que votre requête soit stipulée dans votre dossier… Ne vous fermez pourtant pas à la discussion si, le jour « j », l’équipe médicale évoque la nécessité de pratiquer cette incision.
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