Pourquoi continuer à allaiter ?
Souvent, les mamans pensent, à tort, qu’il est difficile voire éreintant d’allaiter tout en travaillant. Partons du principe que l’ennemi juré de toutes les mamans qui allaitent et ont repris le travail avec enthousiasme ou flegme est la fatigue. Elles passent du rôle d’épouse à celui de maman sans omettre celui de femme active. Mais continuer à allaiter n’ajoute en rien aux difficultés d’être multitâche. Allaiter tout en travaillant n’est pas synonyme de fatigue même si c’est souvent l’idée que s’en font les mamans. La tâche vous semble ardue ? Vous vous dites que, même si certaines entreprises proposent des crèches qui permettent aux mamans salariées d’allaiter, elles ne sont pas toutes dans l’enceinte des locaux ou à proximité ? Le secret de la réussite : un peu de volonté, une pointe d’organisation et lorsqu’on donne le sein sur le lieu de travail, le soutien de ses collègues et une compréhension de son employeur. Dans l’absolu, continuer à allaiter au travail ne signifie pas non plus donner exclusivement le sein au travail !
Le tire-lait est le compagnon idéal des mamans soucieuses d’allaiter tout en travaillant. En route vers le stockage. Libérez de la place dans le frigo car les réserves de lait arrivent en nombre. N’ayez crainte, votre petit gargantua n’aura que plus de facilité à accepter le biberon de la main d’une autre personne ! Les mamans qui allaitaient au départ pensent souvent le contraire. Nombreuses sont celles qui éprouvent des difficultés à troquer le sein contre le biberon. Mais mettez-vous deux secondes à la place de bébé. Le sein nourricier à portée de bouche, pourquoi accepterait-il un simple biberon, alors qu’il y a mieux à sa disposition ? C’est comme choisir entre un merveilleux au chocolat et un simple chocolat pas merveilleux du tout ! Il n’est donc pas nécessaire d’habituer votre petit au nouveau rythme des tétées bien avant le retour à la vie active. Solution plébiscitée, cette méthode se conclut souvent par un échec ! Vous vous réjouirez autant que lui de donner le sein avant de partir au travail, le midi si vous en avez la possibilité, le soir en rentrant et les week-ends. Sachez tout de même qu’il est possible de continuer à allaiter sans tirer son lait. Il se peut que quelques fuites fassent leur apparition. Pas de panique, laissez le temps à votre corps de s’adapter à ce nouveau rythme de tétées moins effréné. La panoplie de la parfaite working-mother peut vous servir. Au panthéon des incontournables : les coussinets d’allaitement (parfaits pour faire dans la discrétion), mais pensez tout de même à une tenue de rechange, toujours utile dans les moments de détresse « lactogène »!
Véritable halo de protection contre les maladies, le lait maternel se veut également être plus digeste que le lait maternisé, sans pour autant dénigrer ce dernier. Les effets de l’allaitement au sein sont appelés « dose-dépendants » c'est-à-dire liés à la durée de l’allaitement. Plus bébé aura ingurgité de lait maternel, plus il sera armé contre les infections. Non négligeable quand le petit dernier doit faire ses premiers pas dans le monde de la crèche ! Ces recommandations sont sans compter sur l’OMS qui prône l’allaitement maternel jusque les 6 premiers mois. Mais les avantages ne sont pas à sens unique. Allaiter diminue également les risques de cancer du sein ou d’ostéoporose chez la maman…
S’organiser en fonction des modes de garde
Si vous souhaitez donner exclusivement du lait maternel à votre bout’ chou, pensez à vous mettre d’accord avec sa nounou. Sa coopération n’est pas toujours aussi évidente mais sa bienveillance, ou tout du moins sa neutralité sur le sujet, est indispensable. Quand certaines acceptent avec plaisir, d’autres peuvent faire de la résistance. Sa mission, si elle l’accepte, est de faire un tour au frigo au moment des repas pour récupérer le lait que vous aurez tiré. Certaines crèches s’opposent également à donner du lait maternel pour la simple et bonne raison qu’il est considéré comme un produit biologique nécessitant une décontamination qui coûte cher, au point de démotiver les plus enthousiastes.
Ai-je droit à un congé d’allaitement ?
Que ce soit dans le secteur public ou privé, le congé d’allaitement n’existe plus depuis une bonne vingtaine d’années. Il est aujourd’hui remplacé par le congé de suite de couches pathologiques. Il permet aux femmes d’allaiter un mois de plus (plus précisément 15 jours renouvelables une fois). Normalement, ce congé n’est pas prévu à cet effet mais dans les faits de nombreuses mères le prennent pour retarder le sevrage. Vous pouvez alors prolonger votre congé maternité mais uniquement sur prescription médicale. Cette reconnaissance est indispensable pour être indemnisée. Ne motivez pas votre arrêt pour des raisons d’allaitement car vous vous exposez à de mauvaises surprises.
Le secteur public laisse également la possibilité de reporter une partie de son congé prénatal sur le congé post-natal mais toujours sur présentation d’un certificat médical. Renseignez-vous bien si vous travaillez dans la fonction publique car il y a des exceptions et des arrangements possibles dans certaines administrations. Alors qu’en est-il réellement sur votre liberté d’allaitement au travail?
Que dit la loi ?
Quelle que soit l’entreprise, vous avez le droit d’allaiter au travail. Selon l’article L.224-2 « Pendant une année à compter du jour de la naissance, les mères allaitant leurs enfants disposent à cet effet d'une heure par jour durant les heures de travail. ». Cette heure peut être répartie en deux demi-heures prises le matin et l’après-midi. A vous de définir avec votre employeur le moment le plus judicieux pour prendre ces pauses. Seul impératif, un certificat médical attestant que vous allaitez bien au sein. Après, il ne vous reste plus qu’à décider entre allaiter au bureau, dans un local prévu à cet effet ou à l’infirmerie, quitter le travail pour aller rejoindre votre petit bout à la crèche ou chez la nounou si elle n’habite pas à 30 km de votre lieu de travail, ou tirer votre lait à l’abri des regards indiscrets. Bien sûr une question vous trotte à la tête, est-ce que ça va se ressentir sur ma fiche de paie ? Ces pauses légales ne sont pas considérées comme du travail effectif. Hormis si votre surnom est la Shiva du boulot, il est difficile de continuer à s’occuper de bibounette tout en continuant à taper le compte-rendu de la dernière réunion. Mais de nombreuses conventions prévoient tout de même une rémunération.
Toutes ces dispositions légales, c’est bien beau mais allaiter au travail n’est pas évident pour tout le monde. Si votre poste vous demande d’être continuellement en vadrouille sur les routes de France ou ailleurs, il est vrai que le sevrage s’avère être la solution logique. L’allaitement à distance n’a pas encore fait ses preuves ! Enfin, vous pouvez bénéficier, dans certains postes à risques, d’un aménagement des tâches à accomplir.
L’ensemble des articles de loi concernant l’allaitement et le travail est disponible sur www.legifrance.gouv.fr. Et si vous rencontrez des difficultés à faire valoir vos droits, vous pouvez vous en remettre à l’Inspection du Travail.
Allaiter et travailler est donc tout à fait possible. Allaiter au travail prépare le terrain, favorise une séparation en douceur et pérennise le lien maternel. Maintenant, il existe des employeurs qui n’hésitent pas à refuser, d’autres qui acceptent sans difficulté, et certains qui sont à cheval sur les textes de loi… A partir de vos envies et de celles de votre employeur, à vous de peser le pour et le contre et de décider si allaitement et travail vont bel et bien ensemble.
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