Bébé est hyperactif
Votre enfant bouge tout le temps, a du mal à se concentrer dans ses activités ou jeux ou montre un caractère anxieux et coléreux ? Parfois encore, il est distrait pour un rien voire complètement « dans la lune ». Il est peut-être hyperactif comme 3 à 10 % des enfants en France. Explications. (31/01/2011)
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L’hyperactivité de bébé
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Hyperactivité et bébé
Votre bébé remue dans tous les sens, touche à tout et passe d’un jeu ou d’une activité à l’autre sans se poser. "Entre 18 mois et 2 ans, l’hyperactivité est physiologique : on parle alors d’hyperkinésie. Votre petit comprend beaucoup de choses mais ne maîtrise pas encore le langage. Il n’a souvent pas d’autres moyens de s’exprimer que son agitation", explique le docteur Olivier Revol, pédopsychiatre, chef de service du Centre de référence des troubles d’apprentissages au Centre hospitalier universitaire de Lyon (CHU) et auteur (*).
Distinguer un enfant hyperactif d’un enfant turbulent n’est pas toujours évident. "Dès 2 ans, il est possible de rechercher les facteurs responsables de cet état d’excitation : douleur physique (reflux gastrique, allergies…), manque de cadre éducatif, problème psychique (anxiété, angoisse…) ou Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)", indique le spécialiste.
Votre enfant peut présenter un comportement d’agitation, d’opposition ou de distraction parce qu’il est confronté à des soucis (dispute avec des camarades, naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur, déménagement, séparation parentale, dépression d’un proche…). "Mais si son état ne s’améliore pas spontanément, consultez un pédiatre qui vous orientera vers un pédopsychiatre pour ne pas laisser l’agitation psychomotrice ou le déficit d’attention s’aggraver (problèmes d’éducation, instabilité de l’enfant caractériel, anxiété, dépression…) et d’autres problèmes se surajouter : isolement, sentiment d’incompréhension, etc", conseille Sophie Pensa, auteur de Comment élever un enfant hyperactif aux Editions Leducs.
Pour poser leur diagnostic, les médecins sont attentifs à certains critères. "En plus d’être sans cesse en mouvement, le petit hyperactif a aussi du mal à se concentrer, passe facilement du rire aux larmes et se montre souvent impulsif voire agressif", précise le docteur Olivier Revol. Si les symptômes surviennent avant l’âge de 7 ans et durent depuis plus de 6 mois, les médecins peuvent conclure qu’il souffre d’un Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
Ce trouble du développement d’origine génétique et neurobiologique touche 3 à 5 % des enfants. "Le TDAH a été très médiatisé sous le terme « d’hyperactivité », ce qui laisse sous-entendre chez tous les enfants atteints de la turbulence et de l’agitation. Pourtant cette hyperexcitation n’est pas toujours présente, tandis que le trouble de l’attention, lui, existe dans tous les cas. En général d’ailleurs, l’instabilité motrice a tendance à disparaître plus l’enfant grandit, tandis que les troubles de l’attention passent au premier plan, plus les exigences scolaires augmentent, note Sophie Pensa dans son ouvrage. Certains enfants par ailleurs calmes peuvent souffrir d’un important TDAH avec déficit de l’attention mais sans hyperactivité physique. Leur trouble passe souvent longtemps inaperçu car le comportement n’alerte personne, ni leurs parents ni les enseignants, contrairement aux enfants turbulents, qui sont beaucoup plus vite identifiés. Ces enfants sont alors qualifiés de « lents », « dans la lune », « absents » mais rarement de TDAH." Ce trouble peut entraîner des difficultés relationnelles, sociales voire scolaires et s’accompagner de troubles des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, précocité intellectuelle…). L’enfant hyperactif peut aussi souffrir d’isolement, d’anxiété voire de dépression.
Les causes de cette hyperactivité sont encore mal connues. "Certains chercheurs pensent encore qu’elle est le signe d’un trouble de l’attachement mère-enfant survenu dans les jours suivants la naissance, notamment quand la mère a souffert d’une dépression postnatale, analyse le docteur Olivier Revol. A la lumière des derniers travaux scientifiques, d’autres estiment qu’il s’agit plutôt d’un problème de maturité cérébrale. En fait, l’origine est certainement multiple, conjuguant un « terrain » neurologique fragile et un environnement logiquement désemparé par la turbulence. D’où l’idée d’intervenir au niveau de l’enfant et de la famille."
Pour plus d’informations
HyperSupers TDAH France
http://www.tdah-france.fr/
A lire
Comment élever un enfant hyperactif , Sophie Pensa, Editions Leducs (sortie mars 2011)
(*) J’ai un ado… mais je me soigne, Dr Oliver Revol, JC Lattès