Bébé prématuré : les causes
Le moment de l’accouchement est un événement attendu avec impatience par les futurs parents... Mais il arrive que bébé pointe le bout de son nez par surprise et que le jour J ne se déroule pas comme on l’a espéré. Cette arrivée prématurée n’est pas toujours facile à vivre, surtout lorsqu’il s’agit du premier enfant. Pourtant, mettre au monde un prématuré est un phénomène en hausse. Chaque année, ce sont en moyenne 55 000 bébés qui naissent avec de l’avance, soit environ 7% des naissances. L’accouchement prématuré peut donc concerner de nombreuses femmes enceintes. Et même s’il est préférable de naître à terme, l’expérience de la prématurité s’est considérablement dédramatisée. Mais quelles peuvent-être les causes de la prématurité ? (21/05/2008)
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Causes prématurité
Quand parle t-on d’un bébé prématuré ?
Un enfant naît à son terme aux alentours de la 39ème semaine de grossesse. Si la naissance intervient avant 37 semaines, on parle de prématuré, et si, elle se déclenche avant 33 semaines, de "grand prématuré". Cette distinction est primordiale. Car les troubles et les séquelles chez maman et enfant sont très différents selon les cas. La grande prématurité nécessite souvent des soins et un suivi médical important. Un enfant né avec un peu d’avance, même s’il est plus fragile et que les premiers jours de sa vie réclament une attention particulière, a toutes les chances de grandir en toute tranquillité. Cette situation suscite pourtant des inquiétudes et des questions tout à fait légitimes chez les jeunes parents ayant accueilli leur bébé un peu plus tôt que prévu.
Prévenir le risque de prématurité : possible ou pas ?
Quelles peuvent être les causes de la prématurité :
- des problèmes obstétriques, col ouvert, rupture de la poche des eaux...
- une maladie de la mère comme le diabète, l’hypertension…
- un milieu social défavorisé,
- l’âge de la maman (très jeune ou à l’inverse plus âgée que la moyenne),
- un stress important de la vie quotidienne lié au travail, au temps passé dans les transports…
- une grossesse multiple...
Mais les facteurs déclencheurs d’accouchement prématuré ne sont pas tous connus. Environ un tiers des cas reste inexpliqué et donc imprévisible. Cependant, des règles de vie très simples et quelques principes de précaution, s’appliquant d’ailleurs à toutes les femmes enceintes, peuvent prévenir ou amoindrir ce risque.
• Se reposer dès que le besoin s’en fait sentir : la grossesse n’est certes pas une maladie mais une période pendant laquelle vous vous fatiguez plus vite. N’hésitez pas à recharger vos batteries régulièrement, ne restez pas trop longtemps debout, ne portez pas de charges trop lourdes...
• Être à l’écoute de son corps : poussée de fièvre contraction, douleur... sont des signaux qu’il faut prendre en compte et dont il convient de parler à son médecin.
• Se faire suivre tout au long de la grossesse : certains facteurs de prématurité peuvent en effet être détectés lors des différents examens.
• Fuir le stress : surmenage professionnel, préparatifs pour la venue de bébé, entretien de la maison, déplacements... N’en faites pas trop !
En résumé : A la plus petite alerte, n’hésitez surtout pas à consulter votre médecin, à vous rendre à la maternité, à prendre conseil auprès d’un spécialiste : ne serait-ce que pour vous rassurer.
Bon à savoir : en cas d’accouchement prématuré, la durée totale du congé maternité n’est pas réduite. La période de congé, dont n’a pas bénéficié la mère, est reportée à la suite du congé postnatal.
La maman de Loly, née à 36 semaines de grossesse, nous fait partager son expérience.
«Je n’étais pas du tout préparée à un accouchement prématuré ! Ma grossesse s’est déroulée sans souci jusqu’à la rupture brutale de la poche des eaux. Je me suis retrouvée allongée dans un lit au service pathologie de la maternité, sous perfusion. Avec l’interdiction totale de bouger, des sentiments mêlés d’angoisse et de culpabilité et la volonté farouche de «retenir » mon bébé le plus longtemps possible, pour le protéger. Alors, quand après quelques jours, l’équipe médicale a décidé de laisser le travail commencer, estimant mon bébé suffisamment développé : l’inquiétude est montée d’un cran. Lors de mon accouchement, j’étais dans un état second, paralysée par le stress. Je n’ai pas du tout profité de ce moment. D’autant plus que dans la précipitation, je n’avais eu le temps ni de préparer ma valise ni le trousseau, ni la chambre de mon bébé. Mon mari et moi n’étions même pas encore décidés sur le prénom ! Et puis, elle est arrivée. Une toute petite puce avec une mine un peu chiffonnée, mais adorable et apparemment en pleine forme. Je l’ai rapidement mise au contact de ma peau pour la réchauffer, la rassurer et pour qu’elle trouve le chemin de mon sein. Sans succès. Loly était trop fatiguée. A la maternité, l’équipe a été formidable. Malgré les soins, les examens et le passage en couveuse, j’ai pris confiance, pour me sentir plus à l’aise avec ma petite fille, lui donner son bain, la masser... Les puéricultrices m’ont aussi beaucoup aidée à démarrer l’allaitement et à surmonter les difficultés des premières tétées. Mon séjour a duré une dizaine de jours, pendant lesquels j’ai vécu un tête à tête très fusionnel, complètement centrée sur mon bébé. A la sortie, j’ai eu la désagréable impression de plonger ma fille dans un monde hostile, me sentant à la fois coupable, frustrée à l’affût des moindres signes. Pas du tout disponible pour mon mari. Mais il a été très compréhensif, à la fois présent et respectueux de cette relation un peu exclusive. Et il a su prendre sa place auprès de son bébé. Aujourd’hui, Loly a 9 ans. Du haut de son mètre 49 (eh oui !), c’est une « petite » fille éclatante de santé et son développement n’a pas connu de retard significatif. Un jour, elle m’a dit : « je suis sortie plus vite de ton ventre parce que j’étais pressée de voir mon papa !»
Sources :
La naissance d'une famille ou comment se tissent les liens (Editions. Stock, 1988), T. Berry Brazelton Le grand livre du bébé prématuré "Du choc de la naissance à l'arrivée du bébé à la maison" (Editions. Hôpital Sainte-Justine, 2001), Sylvie Louis
A l'écoute du bébé prématuré "Une vie aux portes de la vie" (Editions. Aubier, 1996), Catherine Druon
Un si petit petit frère (Editions. Milan, 2002), Marie-Sophie Vermot, Florent Silloray
Crédits photos : [Veer]