Bien surveiller une grossesse tardive
Avoir un bébé sur le tard nécessite davantage de contrôles médicaux pour prévenir les risques et complications en tous genres liés à l’âge. Le point sur la démarche à tenir quand on est une future maman après 40 ans. (16/09/2010)
Tags associés :
Grossesse à risque
-
Surveiller une grossesse tardive
-
Surveiller une grossesse à risque
Etre enceinte pour la première fois après 40 ans comporte davantage de risques pour votre santé que si vous avez déjà eu une, deux voire trois grossesses auparavant. "Dans tous les cas, l’hypothèse d’une malformation ou d’une anomalie chromosomique (trisomie 21) chez le futur bébé augmente avec l’âge, même si elle n’est pas majeure", indique le professeur René-Charles Rudigoz, chef de service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital de la Croix-Rousse. Le risque de trisomie 21 chez une patiente de 42 ans est de l’ordre de 1,2 %".
Comme chez toutes les autres femmes, celui-ci doit être évalué entre 11 et 14 semaines d’aménorrhée grâce à un test de dépistage complet qui comprend l’échographie du premier trimestre et une prise de sang (dosage spécifique). Votre gynécologue intègre ensuite votre âge, les résultats de l’échographie (mesure de la longueur de l’embryon et de la clarté nucale) et des analyses sanguines à un logiciel adapté qui calcule le risque de trisomie 21. "Si celui-ci dépasse une certaine limite (1/250), on propose au couple d’effectuer une amniocentèse pour savoir de façon définitive si l’enfant est normal ou pas. Il a alors le choix d’accepter ou de refuser, prévient le médecin. L’intérêt de cette approche notamment chez les femmes de plus de 40 ans, c’est que si le risque intégré est faible, cela devient un argument pour ne pas faire cet examen de diagnostic définitif qui comporte lui-même un risque de fausse couche de 0,5 %".
Après 40 ans, les femmes enceintes présentent un risque cardiovasculaire élevé, en particulier si elles fument. D’où une surveillance accrue de leur hypertension. De même, le dépistage du diabète, déjà systématique lors de toutes les grossesses, l’est encore davantage à cet âge. "En cas de diabète avéré, le médecin prescrit un régime voire un traitement à base d’insuline adapté à la grossesse", précise le spécialiste. Les femmes de plus de 40 ans sont également davantage exposées à des problèmes gynécologiques (fibrome, malformation de l’utérus…) susceptibles d’entraîner des naissances prématurées. On relève une augmentation de 6 à 16 % du taux de prématurité chez une mère de plus de 40 ans. A cet âge, les femmes accouchent deux fois plus par césarienne que les autres mamans, avec un risque d’hémorragie plus fréquente lors de l’accouchement. Et le docteur Jean Marty, gynécologue, secrétaire général du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (SYNGOF) de rappeler : "La mortalité maternelle est nettement plus importante quand on a passé 40 ans. Une grossesse volontaire exige alors une plus grande vigilance et surveillance de la part des professionnels de santé. Et il faut savoir que toute grossesse programmée à l’aide d’une fécondation médicalement assistée présente un taux d’échec très important et augmente le risque de grossesse multiple".