juin 2007 : la grossesse suit son cours. Tout se passe très bien. Bilan assez positif (en dehors du stress) du premier trimestre. Pas une nausée!!!
C'est le grand jour, prise de sang des marqueurs sériques (fameux tri-test) qui permet de connaître les statistiques de risques d'avoir un enfant trisomique. Je n'y pense pas trop, pour moi, mon enfant ne peut pas l'être, se sera le plus beau le plus fort, le meilleur
(même s'il est trisomique). Et pourtant le lendemain coup de fil du labo "madame vos marqueurs sériques sont pas bons, il faut qu'on se voit très vite". Là je m'éfondre, c'est la fin du monde. Que dois-je faire? Pourquoi à nous?
On va au rendez-vous, le gynéco nous explique notre risque est à 1/140, le seuil est à 1/250. On aurait pû être à 1/2 j'aurai réagi pareil. Je veux de l'aide que doit-on faire, que va t-il se passer? Un rendez-vous est pris avec l'hôpital de Poissy (j'accouche là-bas), ils ont un service de diagnostic prénatal. Ils nous expliquent que depuis quelques temps le tri-test est un peu remis en question par la HAS (haute autorité de santé). A poissy, ils pratiquent le calcul du risque intégré, c'est un cumul des marqueurs sériques avec la clarté nucale, l'âge de la mère et les antécédents familiaux.
Notre taux descend à 1/540, on aurait pu s'en arrêter là, et pourtant l'équipe médicale nous conseille une échographie approfondie, que nous faisons sur le champ. C'est difficile de voir son bout bouger et se dire qu'il va falloir prendre une décision, fait-on l'amniocentèse?
Je vois bien que le docteur est septique, il dit plus rien, je lui demande que se passe t-il, il a un doute sur les mouvements cardiaques du foetus (critère de trisomie).Je fonds en larmes, on aurait pû me couper un bras, je n'aurai pas eu plus mal. Et là, allongée je dois prendre une décision sur le champ, on fait l'amnio ou on se revoit dans 10 jours pour refaire une écho il ne sera jamais trop tard pour la faire. Et là une phrase que je ne risque pas d'oublier de sitôt, je dis au médecin "j'ai plus de risque de faire une fausse couche suite à l'amnio que de mettre au monde un enfant trisomique" et il me réponds "y'en a bien qui gagne au loto avec une chance sur 1 milliard". Ce con me dit çà au moment où j'avais ma conscience pour moi et que je pensais avoir pris la bonne décision, ne pas faire l'amnio.
On se concerte avec mon homme, l'homme de ma vie, car vivre des moments pareils, je peux vous dire que çà détruit un couple ou alors çà le renforce, ce qui a été notre cas, car il a été très présent. On opte pour le report, on se laisse encore 10 jours, le foetus aura grandit ils verront plus de choses.
10 jours interminables passent, et on retourne à l'hôpital. Les médecins sont deux à regarder, pas très agréable. Jusqu'au bout, ils ne voient toujours pas le décalage des valves du coeur et puis l'idée lumineuse de faire appel à une spécialiste cardiaque leur saute à l'esprit. A peine arrivée, elle reste debout et nous dit "mais on le voit très bien se décalage". Mon coeur a fait 10 fois le tour, je l'aurai embrassée.
Et voilà comment s'est terminé mon 4ème mois de grossesse, pas une nausée depuis le début mais un bon cumul de stress, c'est peut être pour çà que c'est un bébé très speed!