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Débat Modes de garde en crise : quels choix pour les parents ?

Pour la deuxième saison des “Débats Parents”, le magazine a choisi un thème qui vous concerne toutes : les modes de garde. Les experts, Sylviane Giampino, psychanalyste et auteure de nombreux ouvrages sur cette question, et Xavier Belan, médecin de PMI et animateur du réseau petite enfance, nous ont permis d’y voir plus clair. Le dialogue avec la nouvelle marraine, Sophie Thalmann, et les parents présents ce jour-là a été tout aussi passionnant. Résumé des thèmes abordés… (21/10/2011)






Un état des lieux contrasté

 

A peine 50 % des moins de 3 ans sont accueillis dans des modes de garde officiels. « L’offre est en effet très dépendante des territoires, voire des communes. Et puis, selon que l’on habite à la campagne ou en ville, les solutions proposées ne seront pas les mêmes également. Les parents n’ont donc pas vraiment le choix », explique Xavier Belan. D’ailleurs, au final, « seuls 10 % des enfants bénéficient d’un accueil en crèche. Un chiffre qui n’a quasiment pas bougé depuis des années », précise Sylviane Giampino. Cette solution est pourtant largement plébiscitée par les parents et, surtout, « c’est souvent le seul mode d’accueil possible pour les familles aux revenus modestes », note Xavier Belan.

 

Une décision angoissante

 

« A peine enceinte, voilà que l’on doit se poser la question du mode de garde. On sent tout juste le bébé dans son ventre qu’il faut déjà se projeter dans le futur. Ce n’est pas facile. Surtout quand on nous demande déjà un calendrier et des horaires de garde. Là, ça devient carrément surréaliste ! », raconte Sophie Thalmann. « On peut même parler d’une forme de violence », aquiesce Sylviane Giampino. « Au moment où l’on porte son bébé, il faut mettre en place un dispositif pour le confier à d’autres. C’est une véritable acrobatie psychologique, reconnaît la psychanalyste. Mais c’est aussi le premier acte de parentalité, ajoute-t-elle. ll s’agit de trouver à son enfant une place à l’extérieur de la famille, une place dans la société. Et quand ce n’est pas possible, c’est un signal pour les parents, qui entendent : il va falloir se battre pour aider notre enfant à faire son entrée au monde. » Nathalie, la maman de Mathilda, 6 mois, en sait quelque chose. « Quand on va devenir parent pour la première fois, on n’y connaît rien. Alors, j’ai écrit à la mairie pour avoir une place en crèche. Sans succès. Ensuite, j’ai pris la liste des assistantes maternelles, sans trop y croire. Finalement, j’ai eu la chance de découvrir une crèche parentale. Mais je me suis débrouillée toute seule, sur internet. Conclusion, cette formule, c’est l’idéal. Elle concilie à la fois le bien-être des parents et celui des enfants. »

 

Le meilleur pour son enfant

 

Entre crèche, assistante maternelle, nounou à domicile… que souhaitent les parents ? D’après notre sondage*, les parents sont divisés : 45 % privilégient la crèche, et autant l’assistante maternelle. La garde à domicile ne remporte que 4 % des suffrages. Dans tous les cas, Sylviane Giampino se veut rassurante : « Un mode d’accueil n’est pas bon ou mauvais en soi. Ce que l’enfant va ressentir et vivre, c’est ce que vont penser ses parents de la solution trouvée. » Mais si le mode de garde a été choisi au départ par défaut ? « Le plus souvent, celui-ci est validé après coup par les parents, ce qui facilitera le bien-vivre de l’enfant », assure-t-elle. Notre sondage confirme son propos, car au final, 96 % des mamans se déclarent satisfaites du mode de garde de leur enfant.

 

La culpabilité

 

Nathalie, la maman de Mathilda raconte : « Quand on travaille, on a besoin de savoir son enfant en confiance. Mais parfois, on se dit aussi qu’on en profiterait bien pour se prendre un après-midi à soi. Le problème, c’est qu’après, on culpabilise. On se dit que c’est mauvais pour le bébé. » Sylviane Giampino ne l’entend pas de cette oreille : « En réalité, ceux qui disent qu’il ne faut pas laisser un bébé plus de X heures dans la journée ou plus de X journées par semaine n’en savent rien. Tout cela n’est qu’idéologie, explique la psychanalyste. Ne vaut-il pas mieux, pour un petit, rester dans un lieu protégé et familier, avec des repères et une personne de référence, que d’être récupéré par sa maman qui, pour faire ses courses, fera peut-être appel à une baby-sitter ? N’est-il pas préférable pour l’enfant de favoriser la continuité plutôt que la discontinuité ? Et pour la maman, s’autoriser à dire : « J’ai besoin de ce temps pour moi. Merci de respecter mon choix. »

 

La crainte d’être remplacée

 

« J’ai peur que l’assistante maternelle prenne ma place de mère. Elle passe plus de temps avec ma petite fille et elle fait sans doute les choses mieux que moi », raconte Virginie. « Jamais un bébé ne confond sa mère avec quelqu’un d’autre. C’est tout à fait vérifié. Même s’il a, pour des raisons graves, été confié à d’autres personnes pendant plusieurs mois », la rassure Sylviane Giampino. Et pour le temps passé avec la nounou ? « Il n’y a pas de crainte à avoir, insiste la psychanalyste. Les liens de filiation n’ont rien à voir avec la temporalité. »

 

La socialisation

 

« Pour mes enfants, j’ai préféré un mode de garde à la maison et, à partir de 2 ans, la halte-garderie deux fois par semaine, pour la socialisation », raconte Sophie Thalmann. « Quel que soit le type d’accueil, la socialisation se fera de toute façon, rassure Sylviane Giampino. Il suffit d’inviter son enfant à aller à la rencontre des autres, avec confiance. »

 

La peur des microbes

 

« La crèche, cela ne m’a jamais fait rêver car j’ai la phobie des maladies. Là-bas, les enfants attrapent tout ce qui passe », s’inquiète Sophie Thalmann. « Peut-être, mais si à 3 ans, les enfants ne sont pas immunisés, c’est en maternelle qu’ils seront toujours malades », lui explique Xavier Belan. Et puis, « il ne faut pas croire que la maison de l’assistante maternelle, qui garde souvent plusieurs enfants, voire son propre appartement en ville, sont des bulles sans microbes », explique Sylviane Giampino. De plus, « les professionnels qui travaillent en collectivité sont vigilants sur la santé de l’enfant. Ils exercent même une forme de prévention en dépistant précocement des signes que l’on ne repère pas forcément soi-même. »

 

L’importance de la formation

 

Florence raconte comment elle a été obligée en trois ans de changer cinq fois de personne pour garder ses deux enfants. « Un jour, c’était  une nounou en garde partagée qui n’est jamais revenue. Une autre fois, c’était une jeune fille qui emmenait les petits dans ses virées shopping… Bref, la galère ! » « La garde à domicile est souvent présentée comme LA solution idéale, mais il n’y a aucun contrôle de l’Etat. Et le plus souvent, ces personnes ne sont pas formées à la prise en charge d’un jeune enfant », fait remarquer Sylviane Giampino. La nécessité d’une formation permanente, un point important pour la spécialiste et qui vaut pour tous les modes de garde. Qu’ils soient publics ou privés, collectifs ou individuels, car « l’accueil du jeune enfant doit être pro ! ».

 

Propos recueillis par Emmanuelle Chantepie

*Sondage réalisé par l’Institut des Mamans, sur un échantillon représentatif de 300 femmes ayant un enfant de 0 à 36 mois. Recueil des données sur internet du 9 au 15 septembre 2011.

 

Pour aller plus loin :

* Vous pouvez retrouver les témoignages de mamans en vidéo

* Réagissez sur notre discussion dédiée dans nos forums.


   

    Les avis des Internautes


steffycerise le 12/01/2012 15:14:06

Des problématiques effectivement bien réelles pour toute maman, mais tous les psychanalystes du monde auront beau dire ce qu'ils veulent pour rassurer, ces craintes n'en restent pas moins justifiées, compréhensibles et normales. Néanmoins, merci pour cet article très clair :-) En espérant qu'il puisse permettre à des mamans et/ou futures maman de calmer leurs appréhensions !!! Steffy

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