Dr, je veux un bébé : la PMA peut-elle m’aider ?
PMA, 3 petites lettres qui veulent dire beaucoup quand on souhaite un enfant : Procréation Médicalement Assistée… ou l’espoir, malgré l’infertilité, d’arriver enfin à avoir un bébé. La PMA suscite beaucoup d’espérance, c’est vrai. Mais avant de s’engager dans cette voie, mieux vaut connaître les étapes de ce long parcours, à l’issue malgré tout incertaine.
Par : Constance Vasse
Avoir un bébé grâce à la PMA : c’est pour qui ?
25 juillet 1978 : faire-part de star pour la petite Louise Brown ! Ce jour marque en effet la naissance du premier bébé-éprouvette issu de la PMA… et d’un formidable espoir pour les couples infertiles !
30 ans plus tard, 10 000 bébés « de l’espoir » naissent chaque année en France, grâce aux techniques de Procréation Médicalement Assistée.
Mais attention, la législation française ne permet pas tout : ces pratiques sont réservées aux couples mariés (ou concubins depuis au moins 2 ans), hétérosexuels, vivants, en âge de procréer, et qui expriment explicitement leur consentement.
La loi du 6 août 2004 stipule que la PMA « a pour objet de remédier à l’infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué. » Autre cas : « éviter la transmission à l’enfant d’une particulière gravité. »
En clair, avant de se lancer dans l’aventure d’un « bébé-PMA », il faut d’abord consulter un médecin pour effectuer des bilans d’infertilité.
PMA : les bilans préalables…
Il ne s’agit pas de décourager les couples, mais de les accompagner
Vous avez tout fait pour maximiser vos chances de tomber enceinte, sans succès ? Vous pouvez alors consulter un gynécologue. Il commencera par vous interroger pour déterminer les bilans nécessaires. Le parcours peut vous sembler long avant la PMA et votre espoir de bébé ! Mais cette procédure est indispensable pour déterminer une éventuelle cause d’infertilité… Halte aux idées reçues, les causes d’infertilité sont d’origine masculine dans 50% des cas. Première étape : le bilan infectieux, local puis général, pour l’homme et la femme (HIV, hépatite B et C, syphilis). Puis, la femme effectue un bilan hormonal : une prise de sang qui permet de vérifier si ses ovaires « travaillent » bien. Vient ensuite le Test de Huhner. Il s’agit d’un prélèvement vaginal, effectué quelques heures après un rapport sexuel : le médecin observera si la glaire permet le voyage des spermatozoïdes, et si ceux-ci sont nombreux et mobiles. L’homme devra ensuite se soumettre à un spermogramme : on examine un échantillon de sperme, récolté au laboratoire après masturbation. Si nécessaire, les bilans se poursuivront par une hystérographie, ou radio de l’utérus. On recherche un éventuel polype, fibrome ou une malformation utérine. Si la radio n’est pas suffisante, on contrôlera l’utérus, voire l’ensemble de l’appareil génital, par voie chirurgicale. Cette intervention permet parfois de traiter certaines pathologies. Enfin, on pourra procéder à un bilan génétique, pour détecter d’éventuelles anomalies. Il n’est pas toujours facile de vivre sereinement tous ces examens, on le comprend ! L’envie de bébé se heurte à des réalités parfois difficiles à supporter, pour le couple et son entourage. Il est important d’en être bien conscient avant d’engager ce processus. A voir un bébé grâce à la PMA, c’est se préparer à un long parcours médicalisé, où le romantisme et le moral sont souvent mis à mal…
Les différentes techniques de PMA Pour le grand-public, PMA = bébé-éprouvette… « Dans l’imaginaire des patientes » explique Cendrine Barruyer1, « la FIV est LA solution ». Or, la FIV n’est pas la seule et unique technique de Procréation Médicalement Assistée. Elle est une solution parmi d’autres, et le médecin examinera avec vous les différentes possibilités… Ainsi, une intervention chirurgicale est indiquée s’il s’agit de refaire une trompe ou un pavillon, de modifier une malformation utérine, ou encore – chez l’homme – pour opérer une varicocèle ou rétablir le passage des spermatozoïdes.
On peut également prescrire des traitements de stimulation hormonale, soit seuls, soit associés à une FIV, une insémination intra-utérine ou une ISCI.
L’insémination intra-utérine (IUU) justement, est une technique utilisée en cas de légère infertilité féminine ou masculine. Le principe : on insémine le sperme de l’homme, directement dans l’utérus. Cette méthode assez « naturelle » fonctionne dans 10 à 15% des cas. Un taux de réussite assez faible, mais qui s’élève à 50% après 6 tentatives. La célèbre FIV consiste à faire se rencontrer l’œuf et le spermatozoïde dans une coupelle. Puis, après 6 jours, on implante un ou plusieurs embryons fécondés in utero. La FIV est indiquée dans plusieurs cas : trompes bouchées ou absentes, échec des méthodes plus simples, ou stérilité inexpliquée. Le taux de réussite est d’environ 30% par tentative.
L’ISCI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) est une technique plus récente, adaptée aux cas d’infertilité masculine sévère. On prélève les spermatozoïdes directement dans les voies génitales de l’homme. Puis on injecte directement un spermatozoïde dans l’ovule. Enfin, comme dans une FIV, on réinjecte plusieurs embryons fécondés dans l’utérus. Cette méthode à un taux de réussite de 40%.
Idéalement, votre gynécologue devra vous informer clairement sur les avantages et inconvénients de ces différentes méthodes de PMA. Le Pr Frydman insiste d’ailleurs sur ce point : « Il ne s’agit pas de décourager les couples, mais de les accompagner, d’envisager les chances de réussite et les difficultés, d’anticiper d’éventuelles déceptions. »1 Souhaitons que ce pionnier français de la Procréation Médicalement Assistée soit largement écouté par ses confrères !
Sources
(1) Mieux vivre avec une PMA (Arnaud Franel éditions), Cendrine Barruyer, 2005
Faire un bébé, c'est pas si facile ! (Robert Laffont), Carine Cosson, Dr Stanovici, 2006
Crédit photo : Veer