Enceinte, bien surveiller sa tension
Enceinte, il faut bien surveiller sa tension artérielle. A peine 5% des femmes enceintes (et curieusement une majorité de primipares) connaissent des problèmes d’hypertension pendant leur grossesse. Pour éviter les complications, le médecin ou la sage-femme prend votre tension à chaque visite prénatale. Explications. (08/04/2008)
Tags associés :
Tension enceinte
-
Tension grossesse
-
Hypertension enceinte
-
Hypertension grossesse
Pourquoi surveiller sa tension pendant sa grossesse ?
Parfois une hypotension. En général, on surveille la tension de la femme enceinte pour détecter une hypertension. Mais les futures mamans sont parfois victimes de petites baisses de tension liée à la fatigue. Quelle future maman n’a jamais ressenti une sensation de malaise lors du passage de la position allongée à la position debout ? Rassurez-vous, ce phénomène, très courant durant la grossesse est sans gravité et ne nécessite aucun traitement médical.
L’hypertension artérielle doit être surveillée de près. Les femmes hypertendues avant la grossesse doivent la programmer et suivre un traitement médical avant d’arrêter la contraception. Elles bénéficieront de toute façon d’une surveillance accrue pendant leur grossesse.
La détecter et la traiter pendant la grossesse. Plus rarement, des femmes sans antécédents voient leur tension monter lorsqu’elles sont enceintes. Maux de tête, problèmes visuels, bourdonnement d’oreilles : ces signes d’hypertension passent souvent inaperçus et il faut donc être vigilante. On parle d’hypertension au-dessus de 14/9, mais on ne traite généralement qu’à partir de 16/10. Le meilleur remède : du repos. Vous pourrez éventuellement avoir recours à des hypotenseurs, sans danger pour votre enfant, associés à une surveillance à domicile par une sage-femme.
Quand s'inquiéter ?
La toxémie gravidique. Le médecin s’inquiète réellement quand l’hypertension survient dans la seconde partie de la grossesse, particulièrement entre le 6ème et le 8ème mois : car elle est alors le symptôme d’une maladie du placenta, que l’on appelle la toxémie gravidique ou pré-éclampsie.
Les symptômes. L’hypertension de la grossesse traduit une sorte de phénomène de « rejet » de la « greffe », autrement dit la mauvaise acceptation par l’organisme maternel d’un corps étranger, celui du fœtus. Habituellement, les vaisseaux du placenta se dilatent de plus en plus afin de permettre les échanges avec le bébé et de pourvoir à ses besoins.
Avec l’hypertension, c’est l’inverse qui se produit : le fœtus ne reçoit plus assez de sang et l’organisme maternel, pour compenser le rétrécissement des vaisseaux, augmente la pression à l’intérieur de ces derniers. Outre une hausse de la tension, la crise de pré-éclampsie se traduit par de l’albumine dans les urines, des œdèmes aux jambes et aux pieds, une prise de poids excessive et des maux de tête persistants.
Les femmes les plus exposées. La toxémie gravidique concerne essentiellement les jeunes femmes qui attendent leur premier enfant, les femmes de plus de 40 ans, celles souffrant de diabète, d’hypertension, de maladies rénales ou rhumatismales.
Le traitement. La future maman se voit prescrire des médicaments dont l’objectif est de réduire la tension, et qui doivent être associés à une hygiène de vie très stricte : bannir le tabac, le stress et l’activité physique, car ces trois facteurs réclament au cœur des efforts supplémentaires et augmentent la tension. En résumé : repos absolu en position allongée. Les symptômes vont disparaître progressivement et la grossesse se poursuivre sans problème pour la maman et son enfant.
Accouchement programmé. Lorsque les traitements ne suffisent pas, l’accouchement doit être programmé car un fœtus mal nourri peut venir au monde avec un retard de croissance. Dans de très rares cas, il est même totalement privé de nourriture : les vaisseaux du placenta se bouchent et il se décolle brusquement, provoquant ce que l’on appelle un hématome rétro-placentaire.
Une urgence rare : la crise d'éclampsie
Les symptômes. Version ultime de l’hypertension de la grossesse, heureusement rarissime, l’éclampsie est une complication de la pré-éclampsie qui n’a pas été détectée et traitée. Comme la pré-éclampsie, elle se caractérise par des œdèmes du visage, des doigts, accompagnés d’une prise de poids rapide. La future maman est irritable voire agressive, souffre de troubles oculaires et auditifs et de nausées.
Une crise impressionnante. L’éclampsie se traduit par une crise convulsive suivie d’un état comateux menaçant la vie du fœtus et de la mère. Généralement, l’accouchement se déclenche spontanément lors de la crise : si le bébé peut supporter le travail (tête en bas, poids supérieur à 2,5 kg), un accouchement par voie basse peut être envisagé. Mais le plus souvent, on procède à une césarienne.
Vos questions
J’ai souffert d’hypertension lors de ma première grossesse, suis-je prédisposée pour la prochaine ?
Les femmes enceintes qui ont été hypertendues lors de leur première grossesse sont susceptibles de l’être à nouveau, mais le risque de récidive reste inférieur à 10%. Dans certains cas, on prescrit de l’aspirine à petites doses, pour retarder les symptômes et les effets de la toxémie gravidique sur le développement du bébé.
Le régime sans sel est-il encore d’actualité ?
Pas du tout ! Il est temps d’oublier ces conseils de grand-mères ! Le taux de sodium ne joue aucun rôle dans l’hypertension liée à la grossesse et donc à la pré-éclampsie. Il faut manger normalement salé.
Crédits photos : [Comstock]