« Elever » n’est pas « dresser »
« Puis-je pratiquer le Cosleeping ? », «Dois-je lui donner une fessée s’il fait une bêtise ? ». Nombreuses sont les questions autour de l’éducation des enfants. Pour ce qui est de la fessée, difficile de dépeindre son histoire à travers les âges mais toujours est-il que la punition corporelle est quasi culturelle en France et à l’étranger. Elle nous suit depuis la création des premiers écrits. Supposons donc qu’elle les préexistait ! « Celui qui aime son fils lui donne souvent le fouet afin de pouvoir trouver sa joie en lui » (dixit l’ecclésiaste, livre de la bible hébraïque). Même le nouveau testament souligne la nécessité des châtiments corporels…
« Une bonne fessée n’a jamais fait de mal ! » soulignait d’une voix rauque et assurée grand-papa. « Ça remet les idées en place » que ce soit une petite tape sur les fesses ou une fessée bien appuyée. La punition corporelle fait partie de la norme, d’un bagage héréditaire (notamment l’éducation de nos parents). Preuve en est : certaines traditions qui perdurent aujourd’hui en France. Le père Fouettard, reflet d’une éducation à la dure (comme certains l’appellent), est un des symboles légendaires qui traumatisait et traumatise encore les garnements. Mais attention à ne pas confondre éducation et dressage…de ne pas faire l’amalgame entre vitalité et turbulence ou hyperactivité et insolence ! L’énergie de votre bout’chou de 100 000 volts souligne aussi qu’il se porte bien.
Fessée : vers la tolérance zéro
Difficile de croire que la gifle et la fessée restent tolérées à la maison alors qu’elles sont interdites à l’école depuis 1991. Pourtant en France, 85% des enfants connaissent la « douceur » de la main de leur parents tandis que 25% d’entres eux, connaissent de réelles violences. Bien entendu entre la petite tape et la grosse gifle, il y a un monde…donner la fessée et maltraiter sont deux choses distinctes, pas d’amalgame ! Récemment, le Conseil de l’Europe a lancé une campagne de sensibilisation à l’encontre des châtiments corporels liés aux enfants. Cette campagne n’a pas pour but de culpabiliser les parents mais de permettre une prise de conscience collective. Objectif : faire changer les mentalités et donc la loi, et inciter ainsi certains pays à changer leur législation vers une meilleure protection des droits et de la dignité à l’enfant. Petit rappel : 16 des pays européens (la plupart des pays nordiques) ont interdits la fessée. Alors, pourquoi pas nous ?
« Punir » n’est pas « fesser »
La punition est nécessaire, c’est le garde-fou de l’autorité ! Punition = respect. Cette équation de la vie familiale est équilibrée ! La punition peut même faire l’objet d’une discussion avec l’enfant. Ainsi, il la choisit à hauteur de sa désobéissance. Ensuite, à vous d’ajuster le curseur comme bon vous semble. Le sentiment d‘injustice s’efface alors. Face à ces actes, l’enfant prend du recul, en discute avec ses parents et intègre mieux les règles qui régissent la maison. Tandis que la gifle ou la fessée sont vécues comme une humiliation par l’enfant, la discussion ouvre les portes de la compréhension. Une simple privation comme : « pas de télé pendant 1 semaine » ou une obligation comme « pour la peine tu ranges ta chambre de fond-en-comble », sont amplement suffisantes.
La punition corporelle ne soulage que les parents alors qu’un simple « non » en haussant le ton – suivi d’une explication - est souvent bien suffisant pour recadrer un enfant. Inutile de lever la main. Vous sentez votre sang bouillir ? Alors avant de réagir sur le qui-vive, dans l’excès… essayez de prendre du recul et contrôlez-vous. D’autres solutions s’offrent à vous.
« Faut pas dépasser les bornes ! »
Devenir parent c’est aussi revêtir l’habit d’éducateur…Cette responsabilité ne doit pas être l’occasion de réitérer les erreurs d’éducation passées de vos propres parents ! Avant de devenir parent à votre tour, il est essentiel de travailler sur votre propre histoire si cela s’impose.
Tout d’abord l’enfant a besoin de limites. C’est pour lui une question d’équilibre. Par contre, attendez-vous à ce qu’il ne les respecte pas toujours ! Outrepasser les règles est pour lui l’occasion de se développer également. A force de lever la main, vous risquez de le brider dans son autonomie. Ainsi, il risque de se refermer sur lui-même et de cesser d’entreprendre quoique ce soit alors qu’il était volontaire. L’enfant a besoin de protection pour se construire et non de violence.
Donner l’exemple
L’enfant apprend beaucoup par imitation. Vous singer fait partie de ses hobbies favoris. On apprend la politesse par la politesse alors ne lui montrez pas que les problèmes peuvent se résoudre par la violence. Préférez la conciliation et la discussion. Pour éviter que votre enfant ne se fasse respecter par la violence auprès de ses frères et sœurs et petits camarades, vous savez ce qu’il vous reste à faire : lui donner l’exemple.
Retrouvez également sur nos forums une discussion autour du thème "Faut-il donner la fessée?"
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