Faut-il lui parler « bébé » ?
Connaissez-vous le « mamanais » ? C’est ce langage particulier, mêlé de connivence, que toutes les mamans emploient spontanément pour s’adresser à leur bébé. Découverte de ce nouveau mode d’expression.
Par : Anne-Laure Guiot
Parlez-vous le « mamanais » ? "Oh le joliii souriire !" Ce langage ou dialecte spontané et privilégié avec bébé est spécifique aux jeunes mamans. Il consiste à prononcer de façon un peu exagérée, avec une voix plus ou moins élevée, des phrases courtes au vocabulaire simple sur un air chantant au cours desquelles vous détachez chaque mot avec des variations d’intonations et de tons pour rendre le tout plus mélodieux aux oreilles de bébé. Ce qui se révèle souvent pratique quand vous vous voulez solliciter son attention. Il tourne alors la tête vers la source de la voix, dans votre direction. C’est là le début de l’apprentissage des bases du langage qui se fait par étapes.
Du babillage à l’imitation
Entre 5 et 6 mois, votre tout-petit se met à babiller gaiement. C’est le moment où il invente son propre langage et entretient un bavardage continu en commençant à articuler des syllabes simples du type « areu » et « ladaladalada ». Certes, il ne sait pas encore tout à fait que chaque chose a un nom mais cela ne doit pas vous empêcher de continuer à parler avec lui tout au long de la journée, et de lui raconter ce qu’il se passe. Même s’il ne leur donne pas de signification propre, il se met d’abord à imiter les tons et, à force d’entraînements, les sons et expressions que vous lui donnez l’occasion de reproduire. Cela permet d’alimenter vos échanges et de stimuler son langage tout en favorisant son éveil et la relation que vous entretenez avec lui.
L’entraînement à la répétition
Progressivement, bébé comprend davantage les mots simples que vous prononcez lentement en lui montrant les objets que vous nommez : prenez soin de ralentir votre rythme de parole, de découper chaque syllabe et d’insister sur chaque son pour lui laisser le temps de les interpréter et faciliter ainsi sa bonne compréhension. Même si sa prononciation reste maladroite et approximative, il est en mesure de dire une partie d’un mot (« ba » pour ballon, « ga » pour gâteau…), notamment sa première ou dernière syllabe. Il suffit alors de répéter chaque mot à votre tour pour lui montrer que vous le comprenez, et de l’encourager dans ses efforts en l’incitant à parler encore et encore. Posez-lui des questions et attendez qu’il réponde en babillant, en insistant sur une syllabe un peu claquante ou en montrant du doigt un objet. Désignez alors celui-ci plusieurs fois avant de lui remettre en main pour qu’il réussisse à peu près à en saisir le sens et à le mémoriser. Exemple : "tu veux ton ours en peluche ? Maman te donne ton ours en peluche." Toutes ces astuces de langage lui apporteront confiance en ses compétences.
Apprendre le langage en s’amusant
S’il bute sur la partie d’un mot ou se heurte à une incompréhension, il risque vite de se sentir frustré et de s’énerver. Dans ce cas, n’insistez pas et reprenez votre dialogue plus tard.
Avant un an, un enfant parvient rarement à prononcer des mots distinctement mis à part « mama » et « papa ». Tandis que d’autres deviennent vite de vrais moulins à paroles. Le meilleur moyen d’encourager son langage est de lui lire des livres d’images qui contiennent les premiers mots de bébé : « ballon », « chat », « chien »… Une bonne façon d’enrichir sa gamme de sonorités et son vocabulaire de façon ludique !
Crédit photo : Getty