Il mord, il frappe
A la maison, chez la nourrice ou à la crèche, il arrive parfois que bébé mordille, griffe ou frappe sauvagement ses frères et sœurs ou ses petits camarades de jeu. Comment en finir avec cette agressivité souvent mal supportée par les parents ? (26/09/2011)
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Enfant violent
Entre 9 mois et 2 ans, bébé n’a pas encore les mots pour exprimer ce qu’il ressent et agit sous l’effet de pulsions passagères et souvent ambivalentes. "Comme il embrasse fougueusement sa petite soeur, il porte sa main à sa bouche, la griffe, la pousse ou la tape furieusement. C’est avec son corps qu’il expérimente sa force et en enregistre concrètement le résultat", indique Alain Sotto, psycho-pédagogue, créateur et animateur du site http://www.cancres.com/, auteur de Donner l'envie d'apprendre (Editions Ixelles, sortie le 24 août).
A partir de 2 ans, il arrive parfois que votre bambin martyrise les siens ou ses jouets au gré de ses humeurs. "On assiste souvent à ce trouble du comportement jusqu’à 3 ans, note le spécialiste. Un tel passage à l’acte réclame une intervention rapide des parents et/ou du personnel éducatif (maîtresse…). Mettre à l’écart l’enfant quelques instants dans sa chambre ou une autre salle de l’école, en montrant bien que l’on n’est pas d’accord avec son action violente, peut être une idée de sanction".
Il est tout aussi important de s’intéresser à la petite victime d’un enfant violent dont la trace (morsure, griffure, coup…) suscite l’émotion et l’indignation de son entourage (parents, nourrice, maîtresse…). "Il est essentiel de considérer l’acte dans sa globalité et de reconnaître avec calme qu’il est inexcusable, souligne Alain Sotto. Bien souvent, il s’agit d’une période d’affirmation au monde tout à fait normale que traversent tous les enfants de façon plus ou moins exceptionnelle".
Si ce comportement est répétitif, le mieux est de bien observer le contexte et les conditions dans lesquels ce corps à corps survient habituellement (à la maison, en présence des frères et sœurs, à la crèche…). "Un enfant en proie à la fatigue ou à un sentiment fort (frustration, rivalité, colère…) peut se servir d’une morsure, d’une griffure ou d’un coup comme d’une arme. Un tel comportement dominant à travers lequel il s’octroie le pouvoir de sanctionner les autres peut être pervers", prévient le psycho-pédagogue. Pas question de répondre en mordant ou tapant votre enfant à votre tour. "Il est indispensable de l’amener à mettre des mots sur ce qui ne va pas. Parfois l’enfant peut être "mordu" par la jalousie à cause de l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur dans la famille, explique Alain Sotto. Consulter un pédopsychiatre peut alors aider à y voir plus clair sur ses motivations profondes et l’inciter à exprimer son mal-être passager pour mieux le surmonter".
Crédits photos : [graphic obsession]