L’hospitalisation à domicile après un accouchement difficile
Vous avez eu un accouchement difficile mais vous souhaitez sortir vite de l’hôpital ? L’hospitalisation à domicile vous permet d’être prise en charge chez vous avec votre bébé en cas de suites de couches pathologiques.
Zoom sur ce service de soins à domicile spécifique.
(22/08/2011)
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L’hospitalisation à domicile et accouchement
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L’hospitalisation à domicile et maman bébé
Césarienne, épisiotomie, problème d’allaitement… l’hospitalisation à domicile (HAD) permet d’assurer la continuité des soins en lien avec votre maternité et la naissance de votre enfant (post-partum) lorsque vous avez eu un accouchement difficile. "Si votre état de santé et celui de votre bébé ne comportent pas de contre-indications, ce prolongement de votre prise en charge hospitalière vous permet de quitter plus tôt la maternité ou autre lieu spécialisé (pôle physiologique…) et de rentrer tranquillement chez vous", indique Benoît Le Goëdec, sage-femme et auteur (*).
Créée en 1986 par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et mis en place par la loi hospitalière du 31 décembre 1970, ce service de soins à domicile (HAD post-partum) est disponible dans tous les hôpitaux de l’AP-HP mais aussi dans d’autres établissements hospitaliers en France. "Pour en bénéficier, vous devez répondre à certaines conditions. Votre domicile doit être localisé dans les communes desservies par l’HAD obstétrique (20 kilomètres en moyenne), être accessible et disposer du téléphone pour pouvoir contacter l’équipe médicale en cas de problème 24 heures/24 et 7 jours/7", note Nicole Berlo-Dupont, cadre obstétrique au Pôle mère enfant de l’hospitalisation à domicile de l’AP-HP.
Il suffit de faire une demande d’admission en hospitalisation à domicile à l’obstétricien ou la sage-femme de l’hôpital ou de la ville qui vous a suivi, dès votre arrivée en suites de couches pathologiques. Celui-ci/Celle-ci vous fera une prescription par écrit valable pour une durée limitée de 1 à 20 jours renouvelables en fonction de votre état de santé et de celui de votre bébé. Il/Elle vous enverra alors une sage-femme à votre domicile ou fera appel à une sage-femme libérale de votre choix les jours suivants votre accouchement pour un suivi postnatal. Vous pourrez alors sortir de la maternité ou autre lieu spécialisé et rentrer chez vous dès 72 heures après la naissance s’il s’agit de votre premier enfant, dès 48 heures si vous avez déjà des enfants et dès le 4e jour si votre bébé est né par césarienne.
"Pendant plusieurs jours consécutifs, la sage-femme se déplace alors à votre domicile pour vous apporter tous les soins dont vous auriez bénéficié en restant à la maternité lorsque vous êtes atteinte d’une pathologie (diabète...), d’une complication de l’accouchement (saignements, risque infectieux en cas de rupture de la poche des eaux, césarienne, épisiotomie, périnée…), d’un problème psychologique (baby-blues…), social, ou si vous rencontrez une difficulté à allaiter. Et elle prend en charge votre bébé nécessitant une surveillance spécifique (prématuré, petit poids…). Elle assure ainsi un suivi global", explique Nicole Berlo-Dupont, cadre obstétrique. Elle contrôlera votre état de santé et celui de votre petit tout en répondant à vos questions et en vous donnant des conseils adaptés (mise en place de la relation parentale, démarrage de l’allaitement, pleurs du bébé, troubles du sommeil…). "Même si votre sortie de la maternité est précoce, l’hospitalisation à domicile permet une surveillance médicale plus longue que lors d’un séjour à la maternité tout en vous évitant une rupture avec votre milieu familial et en vous garantissant ainsi une sécurité affective et environnementale", ajoute Benoît Le Goëdec. Rassurée par le passage régulier de la sage-femme, vous vous reposez et récupérez davantage. Un vrai accompagnement comme à l’hôpital mais dans votre cadre familial !
En cas de besoin, la sage-femme peut aussi vous orienter vers d’autres professionnels du domaine médical et psycho-social (psychologue, associations d’aide à l’allaitement…). "La mise en place de la relation mère-enfant et de l’allaitement permet souvent de dépister un problème psychique (baby-blues, déprime…) qu’on ne supposait pas lors de la grossesse", met en évidence Marie-Laure Broussard, sage-femme à la maternité Port-Royal à Paris.
L’hospitalisation à domicile prévoit aussi le transport de la jeune maman et de son bébé à l’hôpital, des prélèvements sanguins à domicile et le prêt d’un tire-lait voire d’un pèse-bébé si cela est nécessaire. Elle est prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale jusqu’au 20e jour inclus après la naissance et représente un coût inférieur à une hospitalisation traditionnelle.
Si votre accouchement s’est déroulé dans de bonnes conditions, vous n’aurez évidemment pas droit à l’hospitalisation à domicile mais pourrez faire appel à une sage-femme libérale qui vous fera trois visites de suites de couches normales remboursées à 100 % par la Sécurité sociale jusqu’au 7e jour inclus après la naissance puis à 70 % ensuite. Le reste pouvant être complété par votre mutuelle.
(*) Papa débutant, Benoît Le Goëdec, Editions First.
Pour plus d’informations
Contactez :
- votre maternité ou tout autre lieu spécialisé (pôle physiologique…)
- l’Association nationale des sages-femmes libérales (ANSL) : 04 75 88 90 80 et http://www.ansfl.org/.
- le service d’hospitalisation à domicile de l’AP-HP
http://www.hospitalisationadomicile.aphp.fr/