La fasciathérapie pendant la grossesse
Il existe des méthodes, des thérapies qui se fraient doucement un chemin vers la reconnaissance grâce aux bienfaits qu’elles procurent. L’une d’entre elles s’appelle la fasciathérapie. Sur le même terrain que la kinésithérapie ou l’ostéopathie, cette technique manuelle peut se définir comme l’ « art de soigner par les mains ». La fasciathérapie éveille les personnes à l’écoute de leur corps, apporte du confort aux femmes enceintes et leur ouvre la voie d’une relation intra-utérine avec leur bébé. (28/05/2008)
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La fasciathérapie, Kesako ?
Née des recherches de Danis Bois, kinésithérapeute et ostéopathe de formation, cette thérapie manuelle et corporelle traite les symptômes physiques et psychologiques, et rééquilibre le fonctionnement de l’individu et spécifiquement celui de la femme enceinte. Le terrain d’application de la fasciathérapie se situe au croisement des souffrances somatiques et de la relation au corps.
Le terme fasciathérapie trouve son origine dans le mot latin « fascia » qui veut dire « bandelette ». Cette traduction parle d’elle-même. Le fascia est un tissu fibreux omniprésent dans le corps qui recouvre l’ensemble des parties anatomiques. Muscles, os, organes, telle une toile il s’étend de la tête aux pieds et relie l’ensemble des éléments corporels. Les fasciathérapeutes parlent même du fascia comme d’une « seconde peau ». Les praticiens ne se cantonnent pas à travailler juste sur ce tissu fibreux. Ils s’exercent également sur les muscles, les articulations et même les organes pour le plus grand bonheur et soulagement des futures mamans. Avec habilité et précision, ils rééquilibrent le corps en faisant appel à sa force interne. Comme le cœur, les tissus possèdent leur propre rythme appelé en fasciathérapie mouvement sensoriel : une sorte de battement, de respiration qui intervient à intervalles réguliers. Cette activité reflète l’équilibre du corps. Sollicité alors par les mains du praticien, l’organisme s’autorégule.
Séances en silence
Le silence est d’or mais le corps ne dort pas. Même immobile, il est en pleine effervescence. Il bouillonne de vitalité. Pour ressentir votre désordre corporel, le fasciathérapeute agit en silence et écoute battre votre corps. Un ange passe et le corps émet des « appels silencieux ». Sous les mains du praticien, il devient de plus en plus bruyant. Par des pressions adroites à des moments précis, le fasciathérapeute mobilise la force interne de guérison du patient. Ce praticien procède par une approche globale, il ne se focalise pas seulement sur la zone douloureuse. Cette thérapie est donc adaptée à l’histoire, à l’anatomie et à la physiologie de chaque corps. Prenons l’exemple des constipations. Tout ce que les femmes détestent pendant leur grossesse ! Les hormones vous jouent des tours et particulièrement la progestérone qui titille votre appareil digestif. Dans le cas de ces troubles digestifs, le fasciathérapeute s’occupe de l’ensemble des organes sollicités, rétablit une bonne circulation sanguine et traite les vertèbres.
La fasciathérapie vous éveille au relationnel (maman/bébé) avec la gymnastique sensorielle. Assise, debout, au sol, avec un ballon ou en musique, cette gymnastique favorise une prise de conscience corporelle. Généralement, un temps d’échange est prévu à la fin de chaque séance. Cet entretien permet de verbaliser le ressenti pendant le traitement. Forte de 3000 praticiens en France ou à l’étranger, la fasciathérapie est réservée aux médecins et aux kinésithérapeutes. Les séances durent en moyenne une petite heure.
Bien dans son corps, bien dans sa tête
« Ce que la personne ne sent pas, c’est une partie d’elle-même qui n’existe pas » soutient Danis Bois. Avec la fasciathérapie, prenez rendez-vous avec votre corps, garant de la vitalité. Dans cette société où tout file à 100 à l’heure, la fasciathérapie propose de vous accorder un temps avec votre corps. Votre fascia est un tissu vivant réglé comme une horloge. Réactif aux émotions et aux chocs psychologiques, le stress lié à la grossesse peut alors le perturber. L’équilibre intérieur est source de bien-être. Les pratiquants de la fasciathérapie se redécouvrent, vivent leur rêves, assument leurs envies. Reflet de notre identité, notre intériorité est souvent méconnue aujourd’hui. On ne prend le temps de rien et on oublie souvent d’être à l’écoute de son corps. La fasciathérapie permet alors de renouer avec son for intérieur, d’être sensible à ce qui se passe dans notre corps. Cette méthode repose sur le mouvement sensoriel. Et même si celui-ci possède encore son jardin secret, l’expérience a prouvé qu’il a un impact sur l’état des personnes, leurs envies, leur vie. La restauration de l’élasticité des tissus jouent donc sur le psychisme.
La fasciathérapie, une méthode aux milles vertus
Les scientifiques s’accordent sur la sensibilité du fœtus à son environnement. Ce petit être cherche le contact. Constamment sur le qui-vive, il est à l’écoute du corps et de son environnement. La fasciathérapie vous accompagne dans ces moments privilégiés de la grossesse et vous donne les moyens d’être sensible aux sollicitations de votre petit d’homme. Cette méthode vous éveille à votre corps mais également au langage de bébé. La gymnastique sensorielle, émanation de la fasciathérapie, vous octroie un temps de repos, de réflexion sur vous-même. Par le toucher et un travail corporel, la fasciathérapie offre aux parents l’occasion de rentrer en contact avec bébé. Vous serez à l’écoute de vos sensations et goûterez avec émotion aux plaisirs de la relation intra-utérine.
Enroulées sur elles-mêmes puis déployées vers l’extérieur, les futures mamans se meuvent dans l’espace en intégrant le bébé dans leur giron mais également dans le monde aérien qui les attend. Cette gymnastique donne du confort aux mamans et aux bébés en ouvrant un espace intérieur pour les aider à prendre leur place. La fasciathérapie traite également les tracas habituels de la grossesse et soulage les mamans. Au Panthéon des petits bobos traités par cette méthode : les maux de dos, les nausées, les problèmes circulatoires, les oppressions et les douleurs lombaires.
Bébé « acteur de sa naissance »
Certaines mamans se voient dépossédées de leur accouchement. Mal préparées, leur ressenti est limité et elles subissent le moment de la naissance au lieu d’accompagner leur petit vers le monde extérieur. Mais l’enfant se prépare aussi au jour « j ». Dans le cocon intra-utérin, il s’efforce de se tourner tête en bas lorsque la forme du col de l’utérus le permet, pour attendre le moment opportun : pointer le bout de son nez. La fasciathérapie vous permet de sentir votre corps et d’être à l’écoute de votre bébé. Cette méthode vous offre l’occasion de vivre pleinement l’accouchement en développant la confiance en soi par un jeu d’exercices (entre autres basées sur la respiration), souvent à continuer chez soi. Au même titre que votre petit d’homme, vous allez jouer un véritable rôle. Les tensions relâchées, vous vous préparez à accoucher à 3 (le papa, le bébé et vous). Si vous décidez d’accoucher sous péridurale ou si celle-ci s’impose, n’ayez crainte le travail en amont permet de préserver les sensations.
Les papas trouvent leur place
La fasciathérapie est une invitation à la paternité. Cette méthode n’exclut pas les pères bien au contraire. Elle leur permet de trouver enfin leurs repères dans cette relation qui est souvent vécue comme exclusive. Difficile de s’imaginer leur enfant dans le giron de sa maman, difficile de se sentir père avant que le bébé ne fasse son apparition. Pourtant le plaisir d’être papa peut lui aussi émerger pendant la grossesse. La fasciathérapie joue sur l’harmonie du couple.
Curative et préventive, la fasciathérapie commence à être intégrée par les sages-femmes dans les préparations à l’accouchement. Créée il y a 20 ans, cette méthode prend de l’ampleur à hauteur des bienfaits qu’elle procure. Mais la fasciathérapie se pratique également en post-natal. Elle permet d’ajuster les postures d’allaitement, de rééquilibrer le périnée et le bassin et de redonner de la vitalité à la maman. Les fasciathérapeutes prodiguent également des soins au bébé lorsque celui-ci a vécu un accouchement difficile. Lors de l’utilisation des forceps par exemple, ils peuvent traiter son crâne. La fasciathérapie est une méthode qui ne se substitue pas à la médecine traditionnelle mais se pratique en complément. Au-delà du soulagement des douleurs, cette méthode permet aux futures mamans de redécouvrir une partie d’elle-même, peut-être jusque là enfouie.
Sources :
La fasciathérapie, une nouvelle méthode pour le bien-être (éditions le cherche midi), Isabelle Eschalier
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