L’individualisation leur permet de se construire en tant que personne et non pas seulement en tant que couple !
Vous avez rêvé d’un petit singleton mais la vie en a décidé autrement : une grossesse gémellaire en guise de surprise ! La naissance de jumeaux dans la vie de tous parents est souvent synonyme de surcharge de travail. Deux fois plus de biberons (en moyenne 14 par jour), deux fois plus de couches mais surtout deux fois plus d’amour et de tendresse à partager. Mettons de côté les repas, la toilette, les changes et l’entretien du linge le temps d’un article …Certaines légendes ont entretenu le mythe du lien excessif voire parfois nuisible que pouvaient avoir les jumeaux. Qu’en est-il dans la réalité ? Bien avant l’accouchement, les jumeaux échangent. Dans le ventre de leur mère, ils se frôlent pour ensuite entrer en contact dès le 3ème mois et ce, jusqu’à leur naissance. Quand ils pointent le bout de leur nez, ils ont non seulement une hérédité et un vécu intra-utérin commun mais aussi parfois une similitude génétique (en ce qui concerne les « vrais » jumeaux). Comment ne pas être déjà en symbiose ?
Attachés par un lien émotionnel profond, Ils vont traverser ensemble et pratiquement à des moments identiques les mêmes stades de développement et les mêmes découvertes. Naturellement, un phénomène d’imitation, de mimétisme, va se mettre en place. Leur lien gémellaire, appelé également « cordon gémellaire », n’en sera que plus fort.
Qui n’a pas entendu ou lu la fameuse histoire mettant en scène une jumelle pouvant ressentir de vives douleurs abdominales au moment où sa sœur développait une crise d’appendicite ? Un jumeau fait une mauvaise chute dans les escaliers ? Son frère peut ressentir simultanément de fortes douleurs à la cheville.
Ou encore, séparés par des kilomètres, les jumeaux peuvent être affectés par les mêmes maladies et les mêmes souffrances, ressentir des envies identiques, manifester des intérêts communs, vivre des histoires quasi similaires, jalonnées par les mêmes péripéties alors qu’ils ne se connaissaient pas. D’une extrême richesse, il peut cependant devenir isolant ! En tant que parents de jumeaux, vous avez certainement remarqué que dès le quatrième mois une relation directe s’établit entre les bébés. Par exemple, quand un des jumeaux tient un objet, son double le veut lui aussi ! Simple jalousie, ou nécessité ? Ces jeux d’imitation ont pour effet de renforcer l’état de fusion identitaire des jumeaux. Ils forment alors une solide cellule de défense et d’unité dans laquelle toute atteinte à l’un des deux entraîne aussitôt une réaction de l’autre. Par exemple, si vous punissez l’un, c’est l’autre qui souffrira le plus et si l’un se fait mal l’autre pourra se plaindre en même temps.
Pour les jumeaux, ce comportement fusionnel est un bonheur complet. Ils ont la certitude, même petits, d’être toujours compris dans la moindre de leurs émotions par leur alter ego. Ils ressentent donc une profonde empathie réciproque. Dès le départ, Maman comme Papa, vous avez beaucoup de mal à les séparer. Habitués à être constamment ensemble et à tout partager, ils affrontent la vie en complémentarité. Ainsi, la plupart des jumeaux ne se sentent jamais vraiment « complets en eux-mêmes » sans leur jumeau ou jumelle. Pour leur bien-être, les considérer comme deux personnes différentes est capital même s’il est parfois difficile de les dissocier. L’individualisation leur permet de se construire en tant que personne et non pas seulement en tant que couple ! C’est la base de l’éducation des jumeaux. Mais ne faites pas d’amalgame, le fait que les jumeaux passent la plupart de leur temps ensemble n’entraîne pas forcément une perte d’autonomie plus tard. A l’inverse, les séparations volontaires dans les activités ou dans la vie de tous les jours ne les rendra pas plus indépendants. La présence de leur besson est une base sécurisante indispensable à la construction de leur affranchissement gémellaire.
Mais la relation entre jumeaux est loin d’être toujours idyllique ! Leur relation peut se construire selon le schéma « dominant-dominé ». C’est le reflet d’un manque d’ouverture du couple vers l’extérieur, une sorte d’étouffement nuisible à la relation gémellaire. Une forme de cannibalisme affectif.