Le diabète gestationnel
Le diabète gestationnel est un trouble qui concerne 3 à 10% des femmes enceintes. Il traduit une mauvaise tolérance aux sucres pendant la grossesse et disparaît après l’accouchement. (11/05/2011)
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Diabète grossesse
Les principaux risques
Pour la mère. Le diabète gestationnel entraîne un risque d’hypertension artérielle et d’infection urinaire au cours de la grossesse. De plus, l’accouchement a de fortes chances de se conclure par une césarienne. Elle est inévitable si les mesures échographiques estiment que le bébé pèse plus de 4,5 kg.
Pour le bébé. le diabète gestationnel risque de lui faire prendre trop de poids, trop vite. Cela entraîne un certain nombre de complications dont une assez grave le jour de l’accouchement : la dystocie des épaules. Une fois la tête passée, les épaules ont du mal à franchir le bassin et des manœuvres obstétricales sont nécessaires. Le bébé risque alors un étirement au niveau du nerf brachial, près du cou, qui peut entraîner une paralysie du bras ou de la main. Par ailleurs, le bébé risque de souffrir d’hypoglycémie, de jaunisse et parfois d’une détresse respiratoire (difficultés à respirer) car ses poumons sont encore immatures à cause du diabète.
Quel dépistage ?
Le « test de surcharge au glucose ». Actuellement, le dépistage du diabète gestationnel n’est pas systématique, mais il est courant au 6ème mois de grossesse. On fait une prise de sang à jeun, puis une autre une heure après avoir bu une solution contenant 50 g de glucose.
Les résultats. Si la première analyse est supérieure à 1,26 g/l ou la seconde à 1,30 g /l (1,40g/l pour certaines), une autre prise de sang (dite HGPO) est réalisée à jeun. Puis, après avoir pris 100 g de glucose, d’autres prélèvements sont réalisés une heure, deux heures et trois heures après. Il y a un diabète gestationnel quand deux de ces résultats sont supérieurs à la normale.
Le traitement
Une consultation auprès d’une équipe spécialisée en diabète est nécessaire. Un régime alimentaire adapté. Neuf fois sur dix, il suffit à enrayer le diabète gestationnel. Il tient compte du poids avant et pendant la grossesse. En pratique, il se résume à trois repas et trois collations par jour pour apporter 1800 à 2000 calories, dont 50% de glucides et de fibres.
Une activité physique. Monter les escaliers, marcher au moins trente minutes par jour, nager régulièrement.... La pratique de ces activités est importante pour lutter contre le diabète gestationnel.
Des injections d’insuline. Si la glycémie à jeun est supérieure à 1,30 g/l ou si le changement de régime alimentaire n’apporte aucune amélioration, on vous prescrit des injections d’insuline, l’hormone du pancréas qui régule les variations de glycémie.
Comment le prévenir ?
Le diabète gestationnel étant principalement lié à une prise de poids trop importante durant la grossesse, c’est sur ce point qu’on peut agir. Privilégier une alimentation équilibrée mais pauvre en graisses, avec des glucides complexes (préférer les pâtes à la baguette de pain) et des fibres alimentaires à chaque repas. Inutile de sauter le déjeuner ou le dîner, cela se révèle désastreux. Enfin, éviter les boissons sucrées, jus de fruits et autres sodas. Par ailleurs, une activité physique (au moins trente à quarante minutes de marche quotidienne) est réellement bénéfique.
Vos questions
Je suis d’une famille de diabétiques, est-ce que je risque de développer un diabète pendant la grossesse?
C’est possible, notamment si elles le sont devenues avant 50 ans. En dehors de la prise de poids importante, il y a bien une prédisposition génétique à cette maladie. Et l’on sait également que 15 à 60% des femmes enceintes touchées par le diabète gestationnel développent plus tard un diabète de type 2.
Mon médecin ne m’a proposé aucun dépistage, dois-je le demander ?
Pas forcément. Le collège des gynécologues obstétriciens français s’est prononcé, en 1996, en faveur d’un dépistage généralisé. Mais en 2005, la Haute Autorité de Santé a donné comme consigne de dépister les femmes ayant des facteurs de risque bien identifiés : des antécédents familiaux de diabète, un surpoids, un antécédent personnel de diabète ou d’hypertension pendant une grossesse, le fait d’avoir déjà eu un gros bébé, ou encore être âgée de plus de 35 ans.
Peut-on allaiter si l’on a eu du diabète gestationnel ?
Oui, c’est même conseillé car l’allaitement maternel contribue au retour à la normale de la tolérance au glucose. Le traitement insulinique est compatible, car il ne passe pas dans le lait. Et lorsque la glycémie s’équilibre enfin, on arrête le traitement. Un contrôle est ensuite proposé trois à six mois plus tard.
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