Le retour à la maison, un moment parfois difficile
On l’avait tant attendu, ce moment où Bébé s’installerait enfin dans ce petit nid douillet qu’on avait préparé avec amour. Et maintenant qu’on y est, les choses ne se déroulent pas toujours comme on les avait imaginées… A la maternité, les journées étaient réglées comme du papier à musique, avec les infirmières et les puéricultrices aux petits soins. Mais à la maison, c’est une autre histoire ! Chronique d’une journée ordinaire - avec son lot de petits soucis ordinaires - telle que peut la vivre une Maman extraordinaire comme nous…de retour à la maison.
(04/06/2008)
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(Trop) tôt le matin !
5H du matin – 7H pour les plus chanceuses – notre nouveau-né s’éveille en pleurs et affamé. Si on a opté pour le biberon, après quelques réglages éventuels sur le type de lait ou de tétine, l’opération s’avère « relativement » facile. Avec l’allaitement, la mise en place peut parfois être un peu plus longue. On a beau connaître les bienfaits du lait maternel pour son enfant, il n’est pas toujours évident de faire face aux multiples questions que soulève l’allaitement : comment savoir si Bébé a assez bu ? Bébé tète-t-il dans la bonne position ? Va-t-on produire suffisamment de lait ? Combien de tétées doit-on donner par jour ? Un seul sein, ou les deux ?
Paradoxalement, les réponses de nos proches sont quelquefois plus déstabilisantes que les questions, car elles sont souvent contradictoires ! La raison en est simple : il n’y a pas de réponse unique car l’allaitement est une aventure unique, différente selon le bébé et la maman. On peut certes trouver de l’aide et des conseils pratiques auprès du corps médical ou d’associations spécialisées, mais l’important est surtout d’adopter le bon état d’esprit et de se faire confiance !
Mais oui, on va y arriver ! Et même si, les premiers jours, donner le bain ou enfiler un pyjama nous semblent plus complexes que passer son bac ou son permis de conduire, pas de panique !
Comme tous les jeunes parents avant nous, il nous faudra quelques semaines pour apprendre notre nouveau métier. Et nos difficultés d’alors deviendront des souvenirs plutôt amusants… Relativiser, voilà le secret pour ne pas céder au stress des premiers jours !
Déjà l’heure du déjeuner !
La matinée passe vite depuis qu’on est rentré à la maison. Déjà midi et on n’est toujours pas habillée, le repas n’est pas prêt et on a une montagne de linge à laver ! Le doute s’instaure : est-on réellement capable d’être maman ? Remise en question, découragement, tristesse, le baby-blues nous guette !
C’est vrai qu’il n’est pas forcément facile de s’organiser alors que notre vie quotidienne est totalement désorganisée par les rythmes cahotiques de Bébé…
Mais le baby-blues, c’est d’abord la faute aux hormones progestatives, dont la concentration baisse brutalement après la grossesse. Ceci peut provoquer chez les jeunes mamans une certaine fragilité émotionnelle, caractérisée par des sautes d’humeur d’une minute à l’autre. Cet état ne dure en général pas plus d’une semaine. Parler de ce qu’on ressent, pleurer, se faire chouchouter par ses proches ou le Papa… sont autant de bons moyens pour surmonter cet état transitoire. Si les symptômes persistent et s’aggravent, il peut s’agir d’une dépression postnatale. Une affection qui touche près de 10% des accouchées et qui nécessite de consulter son médecin.
L’après-midi, on fatigue !
Mais comment coucher bébé ? Ca y est, Bébé est couché, et voilà que nous aussi on se sent épuisée ! N’oublions pas que notre corps a été soumis à rude épreuve ces derniers temps : 9 mois de grossesse, suivi d’un accouchement qu’on appelle aussi « travail » et pour cause, suivi de nuits en pointillé au gré des réveils de Bébé. Puisque nos nuits s’accordent au rythme de notre nouveau-né, pourquoi ne pas en faire de même pendant la journée, en commençant l’après-midi par une petite sieste réparatrice ?!
Un repos à s’accorder sans culpabilité aucune, d’autant qu’être en pleine forme aidera la maman à passer le cap du baby-blues et favorisera la lactation en cas d’allaitement.
Les premières semaines, l’indulgence est donc de mise avec notre corps fatigué par la grossesse. Et même si la vision de nos kilos en trop ou de notre ventre distendu peut nous sembler légèrement déprimante, patience ! Avant d’attaquer la gym et les abdos, il nous faudra attendre encore quelques semaines, le temps d’avoir effectué nos séances de rééducation périnéale.
Fin de journée, le blues du nourrisson
C’est étrange : alors que la journée se termine, notre bébé se met soudain à pleurer sans qu’on parvienne à le calmer. Les pleurs du nourrisson : voilà un sujet de désarroi bien fréquent chez les jeunes parents.
Quoi de plus normal pourtant, puisque ce petit être ne dispose pas encore d’autres moyens de communication que les pleurs pour attirer l’attention de ses parents. En réalité, Bébé ne « pleure » pas – d’ailleurs il émet rarement des larmes – comme nous pouvons le faire nous, adultes, lorsque nous sommes confrontés à la tristesse ou la douleur. Bébé nous demande quelque chose. Quoi ? Il nous faudra quelques semaines pour apprendre à décoder ce langage : faim, soif, sommeil, besoin d’être changé… ou encore énervement et besoin de se défouler, comme c’est souvent le cas en fin de journée. Bientôt, nous saurons répondre plus précisément à sa demande, mais en attendant, il nous reste la solution « check-up » ! Couche propre ? OK ! Biberon ? OK ! P’tit rototo ? OK ! Température de la chambre ? OK !
Si malgré tout cela, notre bout’ chou continue à pleurer, s’agit-il alors d’un « caprice » ? Le mot est lâché, et avec lui la peur, si nous cédons, de transformer notre bébé en mini-tyran domestique! « Laisse donc » nous conseille Grand-Mère « il se fait les poumons ! » Entre notre envie de consoler Bébé et les conseils familiaux, difficile de savoir à quoi s’en tenir !
Un nouveau-né ne fait pas de caprice, puisqu’un caprice consiste à demander quelque chose dont on n’a pas besoin. Ne pas répondre à sa demande risque au contraire d’engendrer chez l’enfant un sentiment d’insécurité préjudiciable à long terme. C’est en étant sûr de notre soutien et de notre présence que notre enfant apprendra petit à petit à se détacher de nous sans peur et sans pleurs. Laissons-lui le temps, berçons-le et cajolons-le, lui qui il y a quelques jours encore était confortablement blotti dans notre ventre…
La nuit, sommeil et libido en baisse
Côté cœur, en ce moment, c’est plutôt calme ! Pas évident de retrouver une vie de couple lorsqu’on est réveillé 2 ou 3 fois par nuit par son bébé. Sans compter l’épisiotomie qui tiraille, une éventuelle sécheresse vaginale, et les lochies pendant 3 semaines après l’accouchement… autant de petits soucis qui n’incitent pas vraiment à faire des folies avec son corps !
Mais s’il nous faudra un peu de temps avant de reprendre une vie sexuelle épanouie, rien ne nous empêche de partager avec notre compagnon des moments de tendresse et de câlins. Maman, d’accord, mais femme aussi, il n’y a pas que Bébé dans notre vie !
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