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Le rôle des papas : quelle histoire !

Le rôle des papas : quelle histoire ! - Forum Planet Vertbaudet

Le rôle des papas, ce n’est pas toujours évident de le définir… Et si on se penchait un peu sur les siècles passés pour voir comment le rôle des papas a évolué ? Histoire de voir que les choses ont bien changé, fort heureusement pour les enfants !

Par : Tout est dit

Le rôle des papas au temps des Romains…

Les « Jeux du Cirque » vous semblent cruels ? Eh bien chez les Romains, naître, c’est entrer dans l’arène : le « pater familias » antique a droit de vie et mort sur son enfant ! Il peut au choix tuer son nouveau-né, le vendre, le donner pour adoption, ou bien sûr le garder, nous voilà rassurés !

 

La paternité biologique a peu d’importance chez les Romains : on est père si on choisit de reconnaître son bébé, et on peut aussi très facilement adopter un enfant qui n’est pas le sien…

Pour comprendre la toute-puissance des pères à Rome, il faut savoir que chaque maison est un « temple » domestique : on y vénère les « Lares » ou esprits des ancêtres. Et le « prêtre » de la maison, chargé d’entretenir le feu des ancêtres… c’est le papa !

 

Le « pater familias » reste chef de la famille toute sa vie : son fils, même marié avec enfants, doit attendre la mort de son propre père pour espérer devenir un adulte digne de ce nom, c’est-à-dire un « pater familias »… quitte à accélérer un peu le destin, comme Brutus, qui assassina son père adoptif, César ! Papa chez les romains : un métier à haut risque !

Les papas du Moyen Age

la paternité est un devoir "conjugal"

Au Moyen Age, on ne rigole pas avec les sorcières… ni avec les pères ! Car, à cette époque, le mariage est devenu une institution chrétienne. Du coup, l’Eglise définit le rôle du Papa : la paternité est un devoir conjugal. On dit bien « conjugal », parce qu’on n’enfante pas hors mariage ! L’union charnelle, OK, mais uniquement pour se reproduire.

Et vue la mortalité infantile de l’époque, faire des enfants, c’est ultra important… Et puis, faire des enfants, c’est l’assurance d’être bien soigné quand on devient un vieillard… à 45 ans ! Si le papa du Moyen Age a des devoirs, il a aussi des droits, comme celui d’être sûr qu’il est bien le père : c’est pourquoi, on décrète que dorénavant, la femme doit être vierge avant le mariage. De même, la fidélité conjugale devient impérative…  

Par la suite, quand ses enfants grandissent, le père du Moyen Age a une seule mission : les élever chrétiennement. Pour le reste de l’éducation – latin et autres fantaisies - il faut attendre la Renaissance…

 

De la Renaissance au XVIIIème siècle

Rôle des papas, rôle des mamans, à cette époque, le partage des tâches est clair : Maman s’occupe du corps et Papa de l’esprit.

Mine de rien, c’est une mini-révolution : la pédagogie est née ! Aux 7 ans de l’enfant – pour un fils, bien sûr ! – son père lui choisit un précepteur ou lui enseigne lui-même : le latin, le grec, la morale, la géométrie, la musique… Chez Rabelais et Montaigne, on retrouve ces principes éducatifs humanistes, ainsi qu’une grande tendresse vis-à-vis des enfants : oui, comme les rôles sont clairs, un Papa de l’époque peut cajoler sans passer pour « gaga » !

 

Mais le père reste néanmoins tout puissant : il décide du destin de ses enfants, les marie, les fait entrer en religion ou à l’armée. Le mariage sans consentement paternel est un délit : Voltaire veut épouser la femme qu’il aime ? Son père veut le déshériter et le faire emprisonner !

 

Et le fils coupable de parricide – meurtre de son père – est puni de mort atroce : il est supplicié sur la roue, son corps brûlé, et ses cendres dispersées. Mais la révolte contre l’autorité gronde, la révolution va atténuer la toute-puissance des pères…

 

 

 

 

Le rôle des Papas à la révolution

l’enfant est devenu un citoyen libre, avec des droits.

Savez-vous comment Louis XVI se voyait ? Comme « le père des Français » ! Et c’est vrai qu’en lui coupant la tête, les révolutionnaires décapitent symboliquement tous les pères autoritaires…

Plusieurs lois sont votées après la révolution pour modérer le pouvoir des papas :

En 1790, on instaure des tribunaux familiaux : c’est le juge, non plus le père, qui décide de punir ou pas les rejetons désobéissants.  

En 1791, on vote le mariage-contrat : les époux sont libres de s’unir, même contre l’avis de leurs parents !  

En 1792, on décrète que l’autorité paternelle ne s’applique qu’aux enfants mineurs, et plus sur les majeurs, comme c’était le cas jusqu’alors !  

Et en 1793, on interdit au père de disposer librement de son héritage : il doit être équitable envers tous ses enfants.  

Certaines de ces lois seront modifiées par la suite, mais l’état d’esprit a changé : l’enfant est devenu un citoyen libre, avec des droits, il n’est plus soumis à l’arbitraire de son père…

Les pères au XIXème

1830 : la révolution industrielle ! C’est la fin d’une tradition de transmission du savoir-faire : on ne fait plus le même métier que Papa, on part travailler à l’usine !

Au cours du XIXème, les rôles se redistribuent entre père et mère : le père travaille à l’extérieur pour faire vivre sa famille. Du coup, la mère devient la gardienne du foyer, chargée d’élever les enfants.

 

Les papas perdent une partie de leur rôle en 1883 : c’est l’avènement de l’école primaire publique et obligatoire. Désormais, c’est l’Etat qui se charge d’enseigner aux enfants ! Certains papas protestent, surtout dans les milieux catholiques : l’Etat leur vole leur prérogative éducative ! En 1908, on va jusqu’à menacer de prison les pères qui refusent d’envoyer leur enfant à l’école…

 

Voilà donc la grande nouveauté : le rôle des papas est désormais encadré par l’Etat. La société décide de protéger les enfants des « mauvais pères » à la Zola, ceux qui dépensent leur paie en absinthe… D’ailleurs, en 1889, une loi stipule que les pères « indignes » seront déchus de leur autorité paternelle au profit de l’Assistance Publique.

 

 

Le rôle des Papas depuis le XXème siècle

Le XXème siècle est marqué par 2 guerres, qui vont éloigner les papas de leur foyer. À leur retour du front, affaiblis, blessés, sans travail, il leur est parfois difficile de reprendre leur place auprès de ces enfants qui ont grandi sans eux…

 

L’autorité n’a plus trop la côte, et la « révolution » de mai 68, comme celle de 1789, peut se lire comme une révolte des enfants contre la toute-puissance paternelle ! Le mouvement de « libération » de la femme qui en découle modifie aussi la place du père : les femmes votent, les femmes travaillent, bref, les mères réclament l’égalité avec les pères. En 1970, la « puissance paternelle » disparaît de la loi, au profit de l’ « autorité parentale », tout un symbole !

 

Autre symbole qui en dit long : en 1955, on autorise les « recherches en paternité » sérologiques… Avec la Procréation Médicalement Assistée – et la possibilité du don de sperme – le rôle du père évolue inconsciemment : le Papa, ce n’est plus forcément le père biologique, mais celui qui assume sa responsabilité auprès de l’enfant.

Et aujourd’hui, c’est quoi le rôle des Papas ? Vaste débat ! Pas facile pour les « nouveaux pères » de trouver leurs repères en ce nouveau millénaire, alors que leur place a tellement évolué au cours des siècles…

 

Sources

La Paternité (Que sais-je, PUF) Christine Castelain-Meunier
Histoire des pères et de la paternité (Larousse) sous la direction de J. Delumeau et D. Roche

Crédit photo : Graphic Obsession

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