Le vaccin BCG tuberculose
Si vous avez inscrit votre enfant en crèche, à l’école, ou au centre aéré, vous le savez : le BCG n’est désormais plus obligatoire pour votre enfant. Oui, mais… les parents peuvent toujours s’interroger sur l’utilité de ce vaccin. (04/06/2008)
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Le BCG ? Le point sur la tuberculose
Lorsqu’on s’interroge sur le bien-fondé du vaccin BCG, il est important de rappeler que ce vaccin a pour vocation de prévenir la tuberculose. Le bacille de Koch, responsable de la tuberculose, a été découvert en 1882, mais des souches de la maladie vieilles de 3 millions d’années ont été retrouvées.
La tuberculose se transmet en général par expectorations. Au XIXème siècle, la maladie a provoqué des ravages dans les populations européennes. Aujourd’hui, selon l’OMS, la tuberculose provoquerait 3 millions de morts par an à travers le monde. Ce chiffre peut paraître inquiétant lorsque, comme tout parent, on se demande s’il faut vacciner son enfant contre le BCG. Il faut néanmoins nuancer ce chiffre : dans 75% des cas, il s’agit de pays en voie de développement. Sous nos latitudes, la tuberculose touche principalement les populations précaires. En effet, les causes de la maladie sont la promiscuité, la pauvreté, ainsi que le manque d’hygiène ou de nourriture de bonne qualité. On compte aujourd’hui en France 10 cas de tuberculose pour 10 000 habitants.
Le cadre législatif
La loi oblige-t-elle les parents à vacciner leurs enfants contre la tuberculose ? Depuis 1950, la vaccination BCG (vaccin contre la tuberculose) était obligatoire pour les enfants de moins de 6 ans s’ils étaient accueillis en collectivité. Cette obligation n’a cessé de faire débat.
En 2003, le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique recommandait la suppression de la vaccination BCG et des tests tuberculiniques pour l’ensemble de la population. Cette recommandation devait être suivie d’un décret d’application. Or, en 2005, la Direction Générale de la santé recommandait un renforcement des moyens de dépistage et de prise en charge, avant de modifier la politique de vaccination
La raison qui anime le plus souvent le débat est sans nul doute l’efficacité relative du vaccin. « L'efficacité du vaccin BCG est estimée entre 75 et 85% pour les formes graves du nourrisson et du jeune enfant, notamment méningite et tuberculose disséminée et entre 50 et 75 % pour la tuberculose de l'adulte : il ne permet donc pas d'empêcher la transmission de la maladie et d'enrayer l'épidémie mondiale », expliquait le Ministère de la Santé dans un communiqué.
Mars 2008 : le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique sonne le glas du BCG obligatoire. La vaccination reste néanmoins recommandée pour les enfants à risque. A savoir : « Les enfants dont au moins l'un des parents est originaire d'un pays de forte endémie, les enfants originaires de l’un de ces pays, les enfants ayant des antécédents familiaux de tuberculose, les enfants vivant dans des conditions socio-économiques défavorables ou précaires qui peuvent notamment être évaluées sur la base des modalités de couverture-maladie : CMU, CMUc, AME, absence de couverture maladie, mauvais suivi de grossesse, conditions de logement (surpopulation, promiscuité…), les enfants vivant dans un département à forte incidence, les enfants dans une situation jugée par le médecin à risque d'exposition au bacille tuberculeux , les enfants devant séjourner plus de 3 mois dans l’un des pays de forte endémie.»
Il semblerait donc que la France s’oriente vers une vaccination ciblée selon les populations et/ou les régions. Mais dans les faits, cette pratique n’est-elle pas discriminatoire ?
Le BCG ? La vaccination en question
Le BCG – appelé ainsi d’après les initiales de ses créateurs Calmette et Guérin – est un vaccin vivant atténué cultivé à partir du virus bovin. Il existe d’autres types de vaccin, par exemple à virus tués ou inactivés (grippe, polio injectable). Le principe : on injecte le virus à faible dose pour provoquer la fabrication d’anticorps. Auparavant, on vérifiait l’efficacité du vaccin –et on revaccinait si nécessaire- avec une bague ou un timbre. Depuis 2004, même en cas de « tuberculine négative », on ne revaccine plus.
Depuis 2005, la seule vaccination par multipuncture disponible sur le marché –la bague Monovax- n’est plus commercialisée, sur décision du laboratoire Sanofi Aventis. Le seul moyen de faire le BCG actuellement : une piqûre intradermique. Problème : cette technique est délicate chez un nourrisson, et tous les médecins n’y sont pas suffisamment formés. Dans les faits, certains médecins refusent donc de la faire avant 6 ans. Il est donc recommandé d’en parler avec votre pédiatre, qui examinera la situation particulière de votre bébé et vous conseillera au mieux.
Certains détracteurs du BCG vont plus loin : ils avancent que le risque encouru à faire le BCG à l’ensemble de la population, est supérieure à la protection qu’il apporte : chez les enfants présentant un déficit immunitaire (300 nouveaux-nés chaque année en France), le BCG pourrait provoquer une méningite tuberculeuse. Le Dr Tubéry, médecin immunologiste, souligne quant à lui que « la tuberculose reste, en France, un phénomène marginal. En outre, cette maladie se soigne bien. Par contre, on est certain que de nombreux enfants deviendront des bronchitiques, des asthmatiques, des allergiques de toutes sortes, à la suite de cette « agression sauvage du système immunitaire ».
Sources :
Ce qu’on nous cache sur les vaccins (Delville santé), Sylvie Simon, septembre 2006.
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