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Les supers mamans fatiguées

Les supers mamans  fatiguées - Forum Planet Vertbaudet

L’arrivée de bébé est souvent vécue comme un grand bouleversement du rythme de vie. A la joie de l’heureux événement succèdent le quotidien et son lot de fatigue, de doutes, d’inquiétudes voire d’anxiétés face au comportement de bébé. Sans oublier parfois un sentiment de profond désarroi vis-à-vis de cette expérience déstabilisante que peut être la mise en place du lien parents-bébé. Comment y faire face ?

Par : Anne-Laure Guiot

L’accouchement représente une épreuve physique qui occasionne une fatigue naturelle. Mais avec l’arrivée de bébé, qui devient le centre de toutes les attentions, celle-ci peut vite devenir morale et être à l’origine de troubles du sommeil. Parfois complètement vidée, vous avez l’impression d’être dépassée par la situation. Le premier réflexe à avoir est de savoir vous reposer.

 

Ne jouez pas les Wonder Woman

Traditionnellement, les jeunes accouchées étaient accompagnées par les familles. Les parents gardaient la fratrie et assuraient les tâches ménagères pendant que la mère s’occupait du nouveau-né. Aujourd’hui, les choses ont changé. Les jeunes mères quittent l’hôpital à J+2 voire + 3 ou 4. La suite, vous la connaissez… A peine de retour chez vous, vous allez chercher les enfants à l’école et faites la cuisine, les courses, le ménage, les lessives... Sous prétexte que vous ne travaillez pas, vous enchaînez les tâches ménagères et vous vous occupez de bébé à plein temps. Bien souvent, les jeunes mamans ont des exigences disproportionnées à leur égard et ne prennent pas le temps de s’arrêter, ne serait-ce que pour s’écouter.

Réfléchir aux significations de la séparation

La fatigue du parent fait indéniablement référence au sommeil de l’enfant, très aléatoire et segmenté pendant les premiers mois. Et comme les adultes doivent accompagner ce bébé dépendant, ils le font dans les périodes d’éveil, de jour comme de nuit. L’angoisse de séparation est le pendant du sommeil de la nuit, où petits et grands font l’expérience de la solitude. Ces séparations renvoient à toutes celles de la vie et de l’histoire familiale : l’accouchement, la reprise du travail, l’expatriation, le deuil… C’est pourquoi il est si compliqué de dormir pour certains enfants et parents. Il y a une sorte de vigilance qui s’installe. Cette séparation résonne aussi avec l’histoire des parents. Il est donc essentiel de réfléchir aux raisons qui la rendent douloureuse et qui vous empêchent de dormir.

Faire des pauses et penser à vous

Il ne me laisse pas souffler,il m’a réveillée trois fois

Quand la jeune mère est seule à se lever, elle devient l’unique personne ressource pour bébé. Il y a souvent beaucoup de résistance de sa part pour que le père ne prenne pas sa place. Mais lorsqu’elle s’absente, c’est souvent le drame : le jeune enfant se sent perdu et inconsolable. Et la mère peut alors avoir l’impression d’être persécutée par sa demande intense et répétée : « il ne me laisse pas souffler », « il m’a réveillée trois fois »... Pour la femme, il y a souvent un bénéfice secondaire dans la fatigue : celui de se sentir indispensable. Le fait d’être toujours la seule et unique référente traduit souvent un sentiment de culpabilité et de confusion entre utilité et amour (faut-il être utile pour être aimée ?).

Souvent, les jeunes mamans n’osent pas appeler à l’aide parce qu’elles ont l’impression que c’est un sentiment d’échec et que cela remet en cause leurs compétences. Il est alors important de leur faire prendre conscience qu’avec leur conjoint, elles forment une équipe, et qu’il est nécessaire de faire des pauses. L’objectif est l’entraide, le partenariat dans le couple. Votre conjoint peut tout à fait prendre le relais le vendredi ou le samedi soir, apprenez à déléguer ! Si vous élevez seule votre enfant (famille monoparentale), cherchez une personne ressource (grands-parents, voisin, amie…) pour s’occuper de bébé pendant que vous prenez le temps de récupérer. Vous pouvez aussi vous reposer quand bébé dort. Ne rien faire, pratiquer un sport ou une activité de relaxation, avoir recours à la phytothérapie (plantes), se confier à une amie, rejoindre un groupe de paroles de mères… voilà autant d’occasions de penser à l’essentiel, c’est-à-dire vous, sans culpabiliser.

 

Trouver vos propres réponses

Les jeunes accouchées sont rarement écoutées. On leur donne des conseils qui sont autant d’injonctions médicales et sociales inadaptées autour du sommeil : « ne va pas le chercher quand il pleure », « il ne faut pas endormir bébé au sein ou dans ses bras », « à 3 mois, il doit s’endormir tout seul ». Ces reproches sont souvent vécus avec beaucoup de culpabilité et d’épuisement. Les mamans font alors l’impasse ou l’économie sur leur propre ressenti et cultivent un sentiment d’impuissance voire de colère, parfois contre l’enfant. En cas de besoin, vous pouvez toujours rejoindre un groupe de paroles de mères ou consulter une psychologue qui vous aidera à désamorcer autant que possible cette façon de penser tout en vous amenant à réfléchir par vous-même sur ces sujets. A travers la communication, vous vous accorderez un moment rien qu’à vous et redeviendrez progressivement sujet de votre propre histoire. L’objectif est de vous inciter à vous exprimer, à trouver vos propres réponses et à retrouver confiance en vous. L’enfant se construit dans la relation et l’autonomie ne s’acquiert pas uniquement dans la séparation. Il est important de ne pas avoir peur du plaisir de donner et de recevoir. Faire la sieste ponctuellement avec son bébé peut être agréable sans crainte de mauvaises habitudes.
Fatigue, baby-blues et dépression post-partum
Parfois, la fatigue peut exacerber craintes, anxiétés et angoisses de ne pas pouvoir s’occuper du nouveau-né et être source de pleurs inconsidérés. Elle devient psychologique quand il y a une souffrance. Cela peut aller du baby-blues (ou post-partum blues) – qui touche 50 à 75 % des accouchées, notamment les primipares, et dure entre quelques heures et une quinzaine de jours juste après l’accouchement – à la dépression post-partum, aux symptômes spécifiques (absence d’espoir, sentiment de culpabilité, asthénie, anorexie…), qui concerne 10 à 20 % des mères et peut se déclarer jusqu’au 1 an de l’enfant. Dans tous les cas, les jeunes mères ont tendance à s’isoler. Il est donc indispensable de les amener à recréer du lien en les incitant à reprendre contact avec leur mari, la sage-femme, la Protection maternelle et infantile (PMI), un groupe de paroles et à consulter une psychologue en cas de besoin. Autant de démarches qui favoriseront également leur épanouissement au sein de la relation avec leur enfant.

 

 

Crédit photo : Graphic Obsession

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