Un kit d’évaluation de la douleur de l’enfant dans les hôpitaux
Bosses, piqûres, suites post-opératoires… il n’est pas toujours évident pour les soignants de se prononcer sur le degré de souffrance d’un enfant. Un kit de poche destiné à évaluer la douleur de petits et grands est actuellement distribué dans tous les hôpitaux de France. Découverte (23/02/2011)
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Enfant et douleur
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Bébé et douleur
"Le patient n’est pas douloureux, est peu douloureux ou très douloureux" : voici ce qu’on pouvait lire jusqu’à présent sur les dossiers de soins des enfants à l’hôpital. "Les soignants mettaient trop souvent des commentaires subjectifs sur la douleur des petits patients. Ce qui n’était pas assez précis pour une prise en charge efficace", fait remarquer Sophie Martin, infirmière référente douleur. Face à ce constat, les soignants en pédiatrie (médecins, infirmiers, auxiliaires de puériculture…) du Groupement hospitalier Est (1) de Lyon – dont fait partie cette spécialiste – ont mis au point, pour la première fois en France, un outil original : un kit pédiatrique de poche qui regroupe, sur un anneau, trois échelles permettant d’évaluer objectivement la douleur des enfants. Il est désormais diffusé dans tous les hôpitaux du pays.
Pour concevoir ce kit de poche, les soignants pédiatriques ont sélectionné trois échelles, validées sur le plan international, afin d’évaluer la douleur des enfants de 0 à 18 ans. "En pratique, les soignants réalisent l’évaluation des plus jeunes (de 2 mois à 7 ans) et des patients non communicants (suite à une anesthésie, par exemple, ou polyhandicapés) à partir de l’échelle Face, Legs, Activity, Cry, Consolabilty (2). Avec elle, ils passent en revue différents critères émotionnels et comportementaux de la douleur (expressions du visage de l’enfant, position et mouvement de ses jambes, agitation, pleurs, gémissements et capacité à être réconforté)", explique l’infirmière référente douleur qui parle d’hétéroévaluation dans ce cas. Dès l’âge de 4 ans, les petits patients peuvent participer à l’évaluation de leur douleur. "On utilise alors deux échelles d’autoévaluation, signale la spécialiste. Sur la première - l’Echelle Visuelle Analogique (3) - l’enfant est invité à déplacer un curseur sur une réglette jusqu’à la zone correspondant à l’intensité de sa douleur". Ensuite, le soignant retourne l’échelle afin de voir à quel chiffre correspond la position du curseur au dos de celle-ci. "Puis le bambin doit désigner sur une échelle de six visages qui expriment différents niveaux de douleur, celui qui représente le mieux celle qu’il ressent", note Sophie Martin.
A la fin de ces tests d’évaluation, le soignant peut coter les douleurs les plus courantes des petits patients (traumatismes divers, prises de sang, piqûres, points de suture, suites post-opératoires…), en leur associant un chiffre de 0 à 10. "Cette évaluation permet d’adapter le traitement anti-douleur (antalgiques…) de l’enfant et d’assurer un suivi plus objectif de son ressenti douloureux", conclut l’infirmière. Ces échelles sont réunies sur un anneau, ce qui le rend évolutif : d’autres échelles pourront être ajoutées par la suite selon les besoins de chaque spécialité médicale. Objectif ? Améliorer la qualité des soins et le confort des petits patients.
(1) GHE, appartenant au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lyon. Ce kit pédiatrique de poche est le fruit d’une collaboration entre les Hospices civils de Lyon et la Fondation Apicil qui permet à des projets dédiés à la lutte contre la douleur de voir le jour (2)
(2) FLACC
(3) EVA